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UN MILLIARD À RECOUVRER : La Sodav liste ses débiteurs

Pour faire face à ses engagements, la Sodav, ex-Bsda, entend recouvrer l’argent qu’on lui doit. Ses dirigeants ne se sont pas fait prier pour égrener la longue liste des entreprises, notamment de presse, qui leur doivent la bagatelle de 1.051.413.171 F CFA.

La Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav) a révélé, hier, les entreprises qui lui doivent de l’argent. La somme de 1 051 413 171 F CFA qu’elle tient absolument à recouvrer. Selon le trésorier général du conseil d’administration de la Sodav, Matar Diouf, la liste des débiteurs englobe des radiodiffuseurs du public et du privé, des usagers douteux, de radios communautaires. ‘’Parmi les radiodiffuseurs publics, souligne-t-il, il y a la RTS. D’ailleurs, elle est la seule qui doit à la Sodav la somme de 135 millions F CFA’’. Le privé (Tfm, Walfadjri et 2Stv) doit 221 155 415 F CFA. Les radios communautaires leur doivent 36 941 700 F CFA. Les usagers douteux, comme les restaurants et bars, qui utilisent les œuvres artistiques, sont à 92 952 635 F CFA. Les organisateurs du Fesman ont laissé une ardoise de 200 000 000 F CFA.

Tout cet argent recouvré, déclare Matar Diouf, va permettre de régler le problème des droits d’auteurs destinés aux artistes. Ces derniers eux-mêmes sont sur la liste des débiteurs. ‘’Des artistes ont contracté des dettes qui tournent autour de 238 631 563 F CFA’’, souligne M. Diouf. Aussi, dans le fonds social, dénonce-t-il, des artistes ont emprunté une somme de 50 984 386 F CFA. Donc, toute la dette des artistes est estimée à 289 615 949 F CFA. La liste est loin d’être exhaustive. Car, parmi le personnel du Bsda, certains ont fait des prêts avoisinant les 82 000 000 F CFA. ‘’Après que nous avons pris fonction, nous leur avons imposé de payer. Ce qu’ils ont accepté. Ils en sont maintenant à une dette de 75 747 472 FCFA’’, révèle le trésorier général.

L’autre problème soulevé concerne les frais de gestion. Selon lui, le taux le plus élevé dans le monde est de 35%, mais l’ex-Bsda a eu des frais de gestion de 70%. ‘’Ce qui n’existe nulle part ailleurs, cela veut dire que ce qui est destiné aux ayants droit, si c’est 100 F CFA, les 70 F CFA vont au fonctionnement, aux prêts et dépenses’’, déplore M. Diouf. Non sans mentionner le salaire de l’ex-directeur de l’ex-Bsda, Mounirou Sy, qui était de plus de 4 000 000 F CFA, sans compter les autres avantages (carburant, véhicule, chauffeur et téléphone).

En plus de ses créances, la société doit verser la somme de 106 183 952 F CFA en impôts. ‘’Sur ce que l’on payait à l’artiste, le Bsda, en son temps, prenait les 5% pour l’impôt. Cela n’a jamais été versé’’, dénonce-t-il. En outre, la société est dans l’obligation de verser à l’Ipres 41 136 150 F CFA. Par ailleurs, Matar Diouf note que l’équipe actuelle a renoncé à beaucoup de privilèges.

‘’Nous avons un ratio encaissement de 28% en hausse’’

Faisant le comparatif d’une séquence temporelle de trois mois, c’est-à-dire octobre, novembre, décembre 2015 et octobre, novembre et décembre 2016, il fait part d’un ratio de 28% en hausse. ‘’Sur cette séquence, au niveau du siège, il y a eu 129 463 934 F CFA encaissés en 2015 sur les trois mois pour l’ex-Bsda. La Sodav, depuis le 06 octobre jusqu’à la fin de l’exercice, a encaissé 165 933 289 F CFA. Donc, cela nous fait un ratio encaissement de l’ordre de 28% en hausse’’, annonce-t-il. Sur les décaissements sur la même période, l’ex-Bsda a eu à faire 108 804 453 F CFA et la Sodav a fait 102 540 231 F CFA, soit un ratio de décaissement de moins 5,7%, c’est-à-dire une baisse des charges.

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