Tchad: un quinquagénaire condamné pour le mariage forcé d’une mineure

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Au Tchad, le verdict du procès en appel de l’époux de la jeune Hawariya est tombé jeudi 8 novembre à la Cour d’appel de Ndjamena. Il écope de 12 mois de prison ferme et 100 000 francs CFA d’amende ainsi que 3,5 millions de francs CFA de dommages et intérêts. Le quinquagénaire a été reconnu coupable des faits de « séquestration » et « détournement de mineure ». Il avait enlevé la jeune femme qui lui était promise depuis ses neuf ans, avant de l’épouser de force à treize ans.

C’est avec un large sourire aux lèvres qu’Hawariya a accueilli ce verdict, entourée de sa famille. La peine est moins sévère que le réquisitoire du procureur qui demandait deux ans de prison ferme. Mais après plusieurs années de bataille judiciaire, son cousin Saleh Moussa, qui a porté l’affaire en justice, s’est dit satisfait de la décision de la cour d’appel : « C’est un soulagement pour la fille, pour la famille, pour les amis de la fille et enfin nous dirons, la punition n’était pas sévère à l’égard de ce bourreau. Nous attendons la suite. Rien n’est encore joué. Le condamné c’est une chose, le garder en prison c’est une deuxième chose. Actuellement, il est toujours libre ».

Une « comédie »

L’époux de l’adolescente et ses avocats ne sont pas venus lors de ce procès en appel. Pour maître Alain Kagombé, l’un des avocats de la défense, si un verdict a été rendu, la justice, elle ne l’a pas été : « Il n’y a pas condamnation. Ce qui a été fait, c’est la loi du plus fort. Et j’ai l’impression que l’Exécutif s’immisce de plus en plus dans les affaires judiciaires. On donne de plus en plus d’ordres aux magistrats qui sont de plus en plus obéissants. Je trouve que c’est une comédie et la justice a versé dans cette comédie. Et c’est vraiment déplorable ».

La défense a désormais dix jours pour se pourvoir en cassation.

RFI

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