Tapha Tine réclame Modou Lô:  » Je vais le battre et récupérer la couronne »

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Tapha Tine réclame Modou Lô: " Je vais le battre et récupérer la couronne"
Tapha Tine réclame Modou Lô:  » Je vais le battre et récupérer la couronne »

Media7.info Absent de l’arène depuis janvier 2018, date de son dernier combat victorieux contre Yékini Jr, Tapha Tine veut marquer cette présente saison. Mais il devra tout de même se trouver un adversaire. Considéré comme l’un des meilleurs de sa génération, le géant du Baol peine pourtant à décrocher un combat. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, le chef de fil de l’écurie Baol Mboolo es t revenu sur les problèmes de l’arène, la rareté des affiches, mais aussi son désir de se frotter à Modou Lô, l’actuel roi des arènes. L’objectif du géant du Baol, s’emparer de la couronne.

La saison de lutte est officiellement ouverte. Comment se passe le quotidien de Tapha Tine ?

Je rends grâce à Allah, le Tout-Puissant et je prie pour le repos de l’âme de Pape Dia, frère de Bombardier. C’était une personne sympa. Nous, acteurs de la lutte, nous avons perdu un grand monsieur. Je salue tous les acteurs de la lutte et les membres de  mon staff. Je veux parler de El Hadji Tine, Papa Diouf, mes entraineurs, Ibrahima Diagne, Mbaye Wane, Daouda et Ablaye Guèye. Aujourd’hui, si je suis arrivé au sommet, en grande partie, c’est grâce à eux. Ils ont beaucoup joué dans ma carrière. Donc,  je ne saurai jamais les remercier assez. Pour cette saison, nous sommes dans la phase préparation. Nous voulons que les combats se déroulent normalement. Pour l’intérêt de la lutte, les amateurs doivent avoir de belles affiches. Je veux aussi que mes poulains puissent à leur niveau, avoir des combats et que Dieu leur donne la victoire. C’est comme ça que nous préparons la saison.

Personnellement, avez-vous débuté vos entrainements ?

Dans la vie, chacun a une activité pour subvenir au besoin de sa famille. Moi, j’ai choisi la lutte comme métier. C’est pour cela que je suis toujours dans mes entrainements. Je ne veux pas que des promoteurs viennent me proposer des combats, alors que je ne suis pas prêt. C’est pour vous dire que les entrainements, c’est au quotidien.

Votre dernier combat remonte à presque deux ans. Avez-vous aujourd’hui des propositions venant des promoteurs ?

Beaucoup de promoteurs m’ont contacté pour des combats. Cette saison, je fais partie des lutteurs les plus plébiscités  par les promoteurs. Pape Abdoul Fall voulait mon combat avec Ama Baldé. Mais le camp de ce dernier en a jugé autrement. Il y a deux semaines en arrière, Luc Nicolaï m’avait proposé Modou Lô. Je suis toujours à l’écoute. Toutes les propositions sont au point mort. La balle se trouve dans le camp des promoteurs. Je suis ouvert à tous les lutteurs.

Ne craignez-vous pas de connaître à nouveau une saison blanche ?

J’ai un espoir que cette saison, j’aurais un combat. Mais également il faut savoir qu’un combat se fait à deux. Si moi je donne mon accord et que mon adversaire refuse, je n’y peux rien.  En tout cas, si ça ne dépendait que de moi, j’allais déjà signer avec un promoteur.

Mais comment expliquez-vous votre longue absence dans l’arène ? Comment avez-vous vécu cette situation ?

Comme vous le savez, il n’y avait pas assez de grands combats lors de la saison écoulée. Beaucoup de lutteurs ont fait une année blanche, dont moi. Ce n’était pas notre volonté. C’est lié aux contraintes de l’arène sénégalaise. Pour cette présente saison, on espère nouer notre «ngimb». J’ai besoin de lutter, tout comme mes supporters.

Est-ce que le cachet que réclame Tapha Tine ne fait pas fuir les promoteurs ?

Je n’ai pas un problème avec l’argent. Je dis souvent aux promoteurs et aux managers de discuter en premier lieu avec mon adversaire. S’il est d’accord, je suis prêt à mon tour. Depuis mes débuts et jusqu’à présent, cela a toujours était comme ça. Il suffit juste que le promoteur soit d’accord avec les membres de mon staff. C’est eux qui gèrent les montants, mais pas moi.
Il se dit que les lutteurs ont tendance à vous fuir.

Selon vous qu’est-ce qui pourrait expliquer cela ?

Les lutteurs ont tendance à refuser mes combats. Et ça ne date pas aujourd’hui. J’ai presque fait 15 ans de carrière dans la lutte et je n’ai pas encore atteint la barre des 20 combats. Pour moi, la raison est simple. Mes potentiels adversaires me connaissent très bien. J’ai commencé la lutte simple avec la plus part d’entre eux. Mais cela, ne signifie pas qu’ils sont des poltrons. C’est juste leur choix. Et je pense qu’ils ne sont pas encore prêts pour me défier.

On vous reproche de donner parfois des coups fatals lors de vos combats. Ne pensez-vous pas que c’est cela qui fait fuir vos potentiels adversaires ?

Non, je ne pense pas que ça soit la raison. Nous faisons de la lutte avec frappe et tous les lutteurs donnent des coups portants. Il y a plusieurs de mes combats ou j’ai étais chez Ardo, (médecin). En ce qui me concerne, je me prépare sur tous les plans. Pour mes duels, je ne compte pas aller au stade et laisser mon adversaire me frapper sans riposter. Nous avons des licences de lutte avec frappe. Donc, je suis obligé de faire avec. Si un lutteur n’aime pas prendre mes coups, il n’a qu’à aller faire autre chose.

Aujourd’hui, quels sont vos potentiels adversaires ?

Je n’ai pas de choix en ce qui concerne mes adversaires. Mon souhait est de devenir roi des arènes. Et je prie pour que le Tout-Puissant me donne cette distinction. De ce fait, je veux lutter avec Modou Lô. Mon objectif, c’est de le battre et prendre la couronne.

Mais on parle également de votre revanche contre Balla Gaye 2 ?

Lutter avec Balla Gaye 2 pour la deuxième fois me ferait énormément plaisir. Une fois ce duel ficelé, j’aurai une occasion de prendre ma revanche. Pour cette affiche, cela ne dépend que des promoteurs.

De nos jours, les grosses affiches se font rares. Selon vous, qu’est-ce qui pourrait expliquer cela ?

La lutte a des problèmes et les combats se font de plus en plus rares. C’est à nous de décanter la situation en changeant nos comportements vis-à-vis des promoteurs, mais aussi en revoyant nos cachets. D’ici deux ou trois ans, si les sponsors reviennent, on pourra  élever à nouveau la barre.

Comment expliquez-vous la fuite des sponsors dans l’arène ?

En ce qui me concerne, je n’arrive pas à comprendre la fuite des sponsors. Peut-être aussi que c’est dû à l’attitude des promoteurs qui sont actuellement en conflit entre eux. Ils ne sont plus unis comme avant et nous avons deux associations. Ce comportement n’arrange pas les sponsors qui veulent une visibilité de leurs produits. Je pense que les sociétés de téléphonies peuvent sponsoriser la lutte, aider le sport sénégalais de manière générale. Elles ont les moyens de le faire et dans les normes, le gouvernement devrait les obliger à le faire. Ces sociétés aident les autres disciplines comme le football, le basket entre autres.  Mais pourquoi elles ne le font pas avec la lutte ?

Ne pensez-vous pas que c’est le comportement des lutteurs qui serait peut-être à l’origine de ce retrait?

La lutte est notre sport national. Et nous avons besoins de leur soutien pour que cette discipline puisse se hisser aux sommets. Nous, acteurs de la lutte, nous avons intérêt à changer de comportement.

Quelles lectures faites des propos du président des amateurs sur l’absence des lutteurs lors des face à face ?

Pour dire vrai, le président des amateurs n’a pas tort sur les face à face et les retards des lutteurs. Les grands champions, la plus part d’entre eux ne respectent pas les heures du rendez-vous. Et parfois, ils ne viennent pas. Et pour dire vrai, ça donne une mauvaise image de nous à l’égard des sponsors. Je ne ferais jamais ces genres de choses. Quand je signe avec un promoteur, je suis tenu de respecter les engagements, pour le bien de nous tous.

Avec votre agenda, comment parvenez-vous à gérer les jeunes lutteurs de votre écurie ?

Les écuries et les écoles de lutte galèrent. Je peux prendre comme exemple mon écurie. J’ai plus de 70 jeunes qui rêvent tous de devenir de grands champions. Ils partent le matin au travail et l’après-midi, ils s’entrainent. Et c’est partout pareil. Donc, il faudra beaucoup d’accompagnement et de suivi. Aujourd’hui, la lutte est un moyen pour les jeunes de ne plus faire l’émigration clandestine. Cela les permet également de s’éloigner des choses qui ne favorisent pas l’image du Sénégal à travers le monde.

Propos recueillis par Papa Ibrahima NDIONGUE

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