RDC: l’opposition fait front commun à Kinshasa

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Sept leaders politiques ont appelé les Congolais à se rassembler sur l’esplanade du stade des Martyrs. La police a promis de sécuriser le meeting, lequel était annoncé à 10 h, heure locale, mais qui n’avait toujours pas commencé en début d’après-midi.

A 10h, heure annoncée du début du meeting, les organisateurs étaient encore en train d’installer la tribune, mais quelques centaines de militants étaient déjà présents, ils sont désormais plusieurs milliers. Les chaises installées devant le podium pour accueillir les cadres des partis se remplissent petit à petit. Les leaders ne sont pas encore arrivés.

Etaient annoncés Félix Tshisekedi, Martin Fayulu, Adolphe Muzito, Vital Kamerhe, Freddy Matungulu. Quant à Jean-Pierre Bemba, toujours en Belgique, et Moïse Katumbi, qui se dit empêché de rentrer en RDC, ils devraient en principe s’adresser à leurs militants par téléphone ou vidéo conférence. Chaque opposant disposera de cinq minutes.

Côté sécurité, le chef de la police de Kinshasa a annoncé avoir déployé 1 500 hommes, des équipes pour la plupart d’armes anti-émeutes non létales. Pour le moment, ces troupes ne sont pas sur le lieu du meeting mais aux environs, sécurisant notamment l’Assemblée nationale et le ministère de l’Intérieur non loin de là.

Le meeting est autorisé mais ce n’est pas une manifestation, a indiqué le général Kasongo, qui prévient que « tout regroupement de plus de dix personnes en dehors de l’espace réservé au meeting sera dispersé ». Au cours d’une réunion hier, il a aussi été demandé aux leaders de l’opposition de ne pas arriver à pied pour éviter les caravanes et que cela se transforme en défilé dans les rues de Kinshasa.

Les organisateurs ont également érigé un cordon de sécurité pour éviter tout débordement ou incursion sur le lieu du meeting.

Contre la machine à voter

Deux mots d’ordre pour ce meeting. L’unité tout d’abord. C’est le premier meeting commun de l’opposition depuis septembre 2015 et les militants veulent voir l’opposition confirmer qu’elle présentera un seul et unique candidat à la présidentielle pour « contrer la machine Kabila » comme le souhaite un militant. « Ils n’ont pas droit à l’erreur et doivent privilégier les intérêts du peuple sur les ego », confiait un autre, espérant que le nom de ce candidat unique pourrait être annoncé dès aujourd’hui, ce qui semble peu probable.

Le second mot d’ordre : des élections oui, mais pas à n’importe quel prix. Ici personne ne pense que les élections seront crédibles si la machine à voter est utilisée. Ils demandent à Kinshasa d’y renoncer et de revenir au vote papier tant qu’il est encore temps.

Enfin, les partisans de l’opposition attendent un nettoyage du fichier électoral qui n’inspire absolument pas confiance avec notamment ces six millions d’électeurs enregistrés sans empreintes. Deux préalables indispensables aux yeux des militants réunis ici pour envisager des élections crédibles donc une alternance et éviter d’aller tout droit au devant d’une crise post-électorale.

 «Adieu, fichier électoral», est il inscrit sur ce faux cercueil, à l’occasion du meeting unitaire de l’opposition congolaise de RDC, le 29 septembre 2018, à Kinshasa. © RFI/Florence Moric

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