Pic de forme et confiance : Harden et les Rockets sont sur un nuage

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Pic de forme et confiance : Harden et les Rockets sont sur un nuage

NBA – Complètement à la ramasse en début de saison, Houston, finaliste à l’Ouest l’an dernier, est monté en puissance depuis plusieurs semaines. C’est tout simplement la meilleure équipe de la ligue actuellement. Menés par James Harden, les Rockets ont clairement les arguments pour décrocher une bague.

C’est l’une de ses sensations de ce début de playoffs. On pensait que le Jazz pouvait pousser les Rockets dans leurs derniers retranchements. Après deux matches, c’est tout le contraire. On en vient même à se demander comment Rudy Gobert et ses coéquipiers vont prendre plus qu’un match, voire ne serait-ce qu’une manche, aux Texans. Pour l’instant, deux corrections dont la dernière en date mercredi soir : 118-98 dans le Match 2 de la série.

On avait visiblement sous-estimé la puissance de feu du groupe coaché par Mike D’Antoni. C’est l’équipe la plus convaincante de cette première semaine de playoffs avec Milwaukee et Portland. Sauf que les Bucks jouent un adversaire bien plus faible, les Pistons, et tout le monde a conscience que les Blazers, aussi brillants soient-ils, ne peuvent pas vraiment barrer la route aux Warriors.

Houston est en pic de forme

Houston, à l’inverse, en a les moyens. Les Rockets atteignent leur pic de forme au moment le plus idéal. Quand les choses sérieuses commencent. C’est à se demander s’ils n’avaient pas gardé leur meilleur basket pour cette période de la saison, contrairement à l’année dernière quand ils avaient roulé sur la ligue (65 victoires en 2018, 53 en 2019) pendant la régulière avant d’échouer de peu en finales de Conférence (défaite 3-4 contre Golden State). “Nous sommes aussi forts que n’importe quelle équipe. Voire même plus fort que tout le monde“, ose D’Antoni.

C’est l’état d’esprit actuel à Houston et les chiffres le démontrent. C’est la meilleure équipe NBA. Enfin, non, intrinsèquement ça reste Golden State. Et Milwaukee est celle qui a réussi le meilleur exercice. Mais actuellement, il n’y a pas plus bouillants que les Rockets. Ça fait même quelques semaines. Ils ont fini fort avec 20 victoires sur leurs 25 derniers matches. Le meilleur bilan de la ligue sur la période. Avec aussi le meilleur différentiel, un indice assez parlant : +10,7 points sur 100 possessions. Cette forme se retrouve en playoffs, où James Harden et ses partenaires poursuivent leur montée en puissance.

Harden fait l’une des saisons les plus incroyables de l’Histoire

Le MVP en titre est évidemment l’élément moteur de l’organisation. Il est sans doute même encore plus fort que l’an dernier ce qui n’est pas peu dire puisqu’il avait été meilleur joueur de la saison. Il a continué sa progression pour s’élever à un niveau encore plus impressionnant avec plus de 36 points et 7 passes décisives par rencontre (mais aussi 6 rebonds). Surtout, il est devenu impossible à défendre. Il maîtrise tellement tous les aspects de son vaste arsenal offensif… Harden n’est pas le joueur le plus charismatique du championnat et il est parfois agaçant à regarder jouer – avec de longues possessions balle en main – mais il est incroyablement doué. Ses adversaires ne savent plus quoi faire pour le gêner, et on parle bien de simplement le gêner parce que le stopper est une mission impossible.

Lors du premier match des playoffs, le Jazz craignait tellement les trois-points à reculons (step back, en VO) du barbu que la tactique constituait à le laisser attaquer la raquette avec sa main gauche dévastateur. Sauf qu’il est devenu un as du « flotteur », ces tirs lobés envoyés à mi-distance. Il s’est amusé. Et quand la défense resserrait sur lui, il a fait parler ses qualités de créateur en distribuant la balle. Quin Snyder et son staff ont alors changé de tactique pour le Match 2. Ils lui ont coupé l’accès du panier sur sa gauche pour l’inciter à jouer main droite. Harden a répondu en les allumant à trois-points – six tirs primés – et il a terminé avec 32 points tout en étant en triple-double (13 rebonds, 10 passes). Injouable.

Je ne sais pas ce que l’on peut lui demander de plus. Il se fatigue de temps en temps, parce qu’il est humain. Mais il fait une saison absurde“, commente son entraîneur. Il ne sera peut-être pas MVP mais James Harden est le visage de la révolution offensive qui a marqué la NBA cette saison. Et il est le patron d’une attaque historiquement forte et efficace. Ses détracteurs diront que c’est justement en défense que l’on peut lui en demander plus, pour reprendre l’expression de Mike D’Antoni. Mais il a même progressé de ce côté du parquet.

https://twitter.com/HoustonRockets/status/1118722790193074176

Une défense digne… de champions NBA !

Il s’est classé deuxième de la ligue au nombre d’interceptions et de ballons déviés. Il est aussi un excellent défenseur quand son vis-à-vis est dos au panier grâce à sa puissance du bas du corps. Harden a encore tendance à perdre de vue son adversaire direct quand il est déplacé sans cesse, avec un attaquant qui passerait d’un écran à l’autre. Mais les Rockets ripostent en changeant justement sur tous les écrans. Et leur défense agressive, qui pose tant de problèmes au Jazz, a pris une nouvelle ampleur qui rend cette équipe encore plus redoutable.

Si Houston a terminé la saison avec le meilleur bilan des derniers mois, c’est justement parce que les joueurs ont haussé le ton en défense. C’est la deuxième meilleure équipe de la ligue de ce côté du parquet depuis le break du All-Star Game avec seulement 105 points encaissés sur 100 possessions. “Je pense que nous sommes vraiment concentrés“, explique Harden. “Quand on défend comme ça, que l’on joue physique, que l’on prend des rebonds et que l’on pousse le rythme en transition, je pense que c’est très difficile de nous battre.” P.J. Tucker va même encore plus loin. “Quand on fait ce que l’on doit faire, je ne pense pas que quelqu’un puisse nous battre.

L’avenir le dira. C’est vraiment que l’on retrouve là une équipe extrêmement forte des deux côtés du parquet. Emmenée par une superstar au sommet de son art. Un groupe en pleine confiance avec des rôles bien définis et une profondeur de banc assez intéressante. Une équipe qui a de plus en plus l’allure d’un champion NBA.

Pronostic : Warriors en 6 en demi-finales de Conférence. Oui, c’est très tôt pour parler du futur duel entre Golden State et Houston mais vous l’aurez d’abord lu ici.

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