Enseignement Privé Supérieur : La Fédération fustige et menace

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Media7.info. Fatiguée du dilatoire qu’est en train d’opérer l’Etat du Sénégal qui tarde à respecter ses engagements financiers, la Fédération des Etablissements Privés de l’Enseignement Supérieur du Sénégal a adressé une correspondance au Ministre de l’Enseignement Supérieur de la Recherche et de l’innovation dont il fustige l’attitude et le mutisme. La Fédération fixe un  ultimatum et compte mettre à exécution ses menaces si rien est fait (lire la correspondance).

Dakar, le 25 septembre 2018

A Monsieur
Le Ministre de l’Enseignement Supérieur
De la Recherche et de l’Innovation (MESRI)

Objet : Préavis
Monsieur le ministre,
La lancinante question de la dette de l’Etat envers le privé supérieur et sa non-résolution nous amène à prendre certaines décisions.
En effet, monsieur le ministre, vous n’êtes pas sans savoir que cette situation est en train de plomber dangereusement l’avenir de nos établissements. Aujourd’hui, l’ensemble des Établissements Privés d’Enseignement Supérieur (EPES), traverse des moments critiques. Nous sommes harcelés par nos partenaires banquiers et enseignants, d’autres même y ajoutent la pression exercée par les bailleurs, pour cumul d’arriérés de location. Nous ne parlons pas de la pression exercée par les autres partenaires.

Or, après un premier mouvement d’humeur au début de l’année 2018, l’Etat du Sénégal avait fait un premier geste et ensuite promis de prévoir dans la Loi de finance rectificative (LFR), une enveloppe de trois milliards qui, à ce jour, près d’un trimestre après le vote de la LFR 2018, demeure encore une simple chimère. Malgré tout, nous avons toujours continué à accomplir notre part du contrat.
Cependant, il demeure incompréhensible voire inadmissible pour nous, de devoir à chaque fois, courir derrière des sommes qui en réalité, nous sont dues. Il ne s’agit ni plus ni moins que de demander à l’Etat du Sénégal de respecter ses engagements vis-à-vis des EPES ; lesquels sont contenus dans le contrat qui nous lie.

Aussi face à ce dilatoire qu’est en train d’opérer l’État du Sénégal, la Fédération des Etablissements Privés d’Enseignement Supérieur (FEPES) prend l’opinion à témoin et demande aux autorités :
– De libérer dans les meilleurs délais, les trois milliards déjà votés dans la LFR 2018
– De réunir l’ensemble des associations d’EPES autour d’une table pour établir un échéancier de paiement du reliquat
– De s’engager pour l’avenir à respecter le versement effectif des 50 % au démarrage de chaque année académique.
Au cas où cela ne se réaliserait pas d’ici le 30 septembre 2018, la FEPES décide :
– de suspendre les enseignements destinés aux étudiants déjà inscrits, car n’en pouvant plus de supporter des charges sans aucune contrepartie financière venant de l’État.
– de ne pas prendre les bacheliers de la cohorte 2018.
Cette attitude de la FEPES s’inscrit dans la logique de préserver les emplois générés par le
secteur de l’enseignement privé supérieur et au-delà, de rétablir les équilibres financiers et sociaux qui lui permettront de mieux être au service des populations sénégalaises et africaines.
Elle rappelle à l’Etat sa volonté de respecter ses engagements vis –à-vis des enseignants et des étudiants, lesquels devront forcément passer par le paiement de la dette des EPES. Ce qui leur permettra d’assurer une scolarité paisible et de qualité à ces Sénégalais orientés dans le privé dans le cadre du partenariat qui depuis près de cinq ans, lie l’Etat aux EPES.

Le président
Mamadou DIOP

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