Editorial Soutien du PS à Macky Sall : une décision, mille raisons

30

Editorial Soutien du PS à Macky Sall : une décision, mille raisons

Et c’est parti. Après l’Alliance des Forces de progrès, une autre tête de file de l’opposition à Me Wade et membre éminent de Benno Bokk Yakaar, vient de se mettre dans les rangs. Le Parti socialiste (PS) acté sa décision d’avoir comme candidat à la présidentielle de 2019, Macky Sall. La décision ne surprend aucun observateur averti de la scène politique sénégalaise. Elle vient au contraire confirmer ce que le porte –parole des pensionnaires de la maison Léopold Sédar Senghor, avait toujours dit. «Nous aurons un candidat en 2019», clamait en effet Abdoulaye Wilane. Ils l’ont certes eu en la personne de Macky Sall. Mais le fait inédit, c’est que depuis sa création en 1948, c’est la première fois que le PS ira à une élection présidentielle, en soutenant un candidat qui ne serait pas issu de ses rangs. Mais pour inédite que soit cette décision, elle peut s’expliquer pour plusieurs raisons.

La première est la réminiscence du syndrome Landing Savané en 2007. Le leader de AJ qui avait voulu diaboliser le régime de Me Wade, en voulant «construire une maison plus belle que celle du père», après avoir été son ministre pendant sept ans, est encore vivace dans les esprits. La logique est donc pour Ousmane Tanor Dieng et compagnie, de défendre avec bec et ongles le bilan du président Sall, avec qui, ils ont été aux affaires pendant un septennat, au nom du principe du «gagner ensemble-gouverner ensemble».

La deuxième raison résulte à mon avis d’un pur réalisme politique. Ousmane Tanor Dieng qui a fini de faire le vide autour de lui en muselant plus ou moins ses lieutenants qui l’avaient aidé à redresser a barque socialiste après la débâcle de 2000, ne pouvait pas prendre le risque d’affronter Macky Sall qui quoi qu’on dise, a été son bourreau en 2012, avant de lui tendre la perche pour le sauver d’une retraite politique certaine ; à laquelle les (lui et tous les caciques de la scène politique sénégalaise) vouait du reste Me Abdoulaye Wade. Khalifa Sall, Barthélémy Dias, Malick Noel Seck…, sont réduits au silence. Aîssata Tall Sall qui avait «osé l’avenir» en 2017, semble avoir perdu la voix depuis que le président Sall, lui a présenté ses condoléances.

Mieux encore, Tanor qui a perdu la présidentielle de 2000, pour avoir été le ministre en charge des Affaires et Services présidentiels, et directeur de campagne de Abdou Diouf, est considéré comme étant celui par le canal de qui, le PS a goûté aux affres de l’opposition. Pire encore, son score personnel en tant que candidat à la présidentielle connait une dégringolade. De 12 % des suffrages en 2007, il se retrouvera avec 7 % des votants en 2012. Quelle serait son score en 2019 ? Ce qui est sûr, c’est que cette décision est une tentative de ne pas ridiculiser le PS avec un OTD comme challenger de Macky Sall.

Mais enfin, la messe est dite. Aujourd’hui, aussi bien Ousmane Tanor Dieng que Moustapha Niasse, tous les deux ont tenu des messes de requiem pour leurs ambitions présidentielles, en s’alignant derrière le plus jeune Président de la République du Sénégal. Avec ces actes d’allégeance, Macky Sall aura réussi, là où Abdou avait échoué entre 1996 et 2000.

Laisser une réponse

Entrer votre commentaire
Merci d'entrer votre nom