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TNT : Où en est la campagne Némékou d’Excaf ?

Le projet de la TNT est dans une phase active vers le basculement total au numérique. Pour permettre aux sénégalais et aux résidents dans notre pays de profiter pleinement des opportunités offertes par cette technologie, le groupe Excaf a lancé depuis le 5 juillet dernier une campagne auprès des ménages pour une assistance technique appelée « Némékou ». Pour évaluer le déroulement de cette campagne, nous avons accroché Faly Kanté le chef du projet « Némékou » à Excaf qui nous fait le point…

-Pourquoi Excaf juge-t-il nécessaire de faire une campagne de proximité pour les usagers de la TNT?
Permettez-moi tout d’abord de préciser que la TNT (Télévision Numérique Terrestre) est bien implantée au Sénégal. Plusieurs milliers de Sénégalais suivent leurs chaînes de télévision préférées à partir de signaux numériques qui leur offrent des images de qualité exceptionnelle.
Sachez qu’aujourd’hui, le téléspectateur sénégalais peut à partir de son décodeur TNT accéder à plusieurs autres services utiles et innovants tels-que le guide des programmes, la vidéo à la demande, l’enregistrement et l’archivage des émissions préférées ainsi que beaucoup d’autres services encore. Maintenant, il est important de souligner que, s’agissant de télévision numérique, soit l’image est d’une qualité optimale, soit elle est totalement indisponible. Il faut donc impérativement que le signal numérique transmis soit d’abord optimal pour que l’usager puisse aussi le recevoir de manière optimale.
Pour rappel, EXCAF télécoms, après avoir installé des infrastructures aux normes internationales, a effectué plusieurs «drive test» dans plusieurs zones du territoire national pour vérifier et confirmer l’effectivité du signal reçu. Par ailleurs, EXCAF a aussi mis à la disposition des sénégalais des milliers de décodeurs leur permettant de capter convenablement le signal et de bénéficier de tous les avantages qu’offrent la TNT. Cependant, les usagers peuvent rencontrer des problèmes liés aux branchements ou à la défectuosité de certains équipements connexes (antennes, câbles etc…) qui peuvent détériorer la qualité du service. La campagne de proximité «NEMEKOU» que nous venons de lancer a pour principal objectif d’assurer un excellent service après-vente à chaque usager en s’assurant qu’il n’a aucun souci pour capter convenablement le signal de la TNT. Ces jeunes ont été formés pour renforcer les équipes techniques initiales et les seconder pour régler tous les soucis techniques des usagers TNT. Ainsi, dans chaque zone, dans chaque région, le programme de proximité «NEMEKOU» sera disponible.

Quelles sont vos attentes pour cette campagne ?
Assurer pour chaque usager de la TNT une qualité d’image et un son impeccable quel que soit l’endroit où il se trouve. D’abord, dans chaque zone, nous avons commencé avec la Médina, Grand Médine, Les Parcelles et Grand-Yoff, il a été sélectionné, recruté et formé des jeunes du quartier. Ensuite nous leur avons fait signer une charte les mettant au service des usagers qui auront à tout moment et en permanence des techniciens à proximité pour intervenir en cas de besoin.

Pourquoi avoir juste ciblé quelques quartiers de Dakar?
Je dirai plutôt que nous avons commencé avec les quartiers où la demande était la plus pressante. Depuis le mercredi 05 juillet 2017, ces quartiers ont confirmé la présence de nos nouveaux techniciens qui interviennent déjà là où on a besoin d’eux. Sachez que dans ces quartiers, durant une période de 45 jours, plus de 18.000 abonnés seront visités et assistés concernant la TNT.
Après ces quatre zones de départ, les autres zones et régions verront l’implantation du programme de proximité «NEMEKOU» suivant le plan de déploiement en œuvre. Au finish, plus de 9.000 techniciens seront répartis sur tout le territoire et essentiellement dédiés au service des populations. Ce qui est déjà une performance exceptionnelle en termes d’emplois pour la jeunesse de notre pays.
Les remontées d’informations au quotidien et leur collecte permettront de savoir exactement les attentes de nos consommateurs et éventuellement les quelques faiblesses de notre produit et d’y venir efficacement et rapidement à bout.

 

Élections législatives : La CNRA invite la presse au respect du code électoral

Le CNRA (Conseil National de Régulation et de l’Audiovisuel) a tenu une rencontre aujourd’hui avec la presse pour partager sur les perspectives des élections législatives du 30 Juillet 2017. Cette rencontre d’information et de partage avait pour thème « Rôles et Responsabilités des médias en période électorale ». Aussi l’organe de régulation a-t-il invité la presse au respect du code électoral.
Au cours des échanges plusieurs questions ont été aussi soulevées telles que : le cas des militaires et paramilitaires  qui pour la première fois vont voter avec les civils mais aussi sur le cas de l’équité et l’équilibre pour les 47 listes. Pour améliorer les conditions de la couverture médiatique de toutes les actualités politiques, le CNRA  a décidé dans une démarche inclusive de mettre à contribution la DGE (Direction Générale des Elections) et la CENA (Commission Électorale Nationale Autonome)

Service public : L’opposition réclame ses droits à la RTS

Lors du vote du projet de loi portant Code de la presse, des députés de l’opposition ont appelé la RTS à faire preuve d’équité dans la diffusion des informations en tant que service public. Ces députés qui se sentent lésés au profit de l’État, demandent à avoir les mêmes droits que le gouvernement.

 

 

L’Arabie saoudite ferme les bureaux d’Al Jazeera

L’Arabie saoudite a fermé lundi les bureaux de la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera, quelques heures après la rupture par le royaume et quatre de ses alliés de leurs liens avec le Qatar, selon l’agence officielle Spa.

 

« Le ministère de l’Information a fermé les bureaux de la chaîne Al Jazeera et lui a retiré sa licence », a précisé Spa.

Fondée il y a plus de 20 ans par le gouvernement du Qatar, Al Jazeera, qui dispose de près de 80 bureaux à travers le monde et diffuse dans plusieurs langues, a été la caisse de résonance des mouvements du Printemps arabe. Mais ses détracteurs jugent sa ligne éditoriale trop favorable aux islamistes, y voyant parfois un outil au service de la diplomatie du Qatar.

Par ailleurs, le réseau qatari des chaînes de télévision beIN Sports n’est plus accessible via le câble aux Emirats arabes unis, a indiqué un agent de la compagnie émiratie de télécoms DU.

« Nous recevons un grand nombre d’appels à ce sujet », a déclaré à l’AFP un représentant de DU en confirmant l’inaccessibilité de beIN Sports, sans pouvoir donner de raisons.

L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Yémen et l’Egypte ont rompu lundi avec le Qatar accusé de « soutenir le terrorisme ». Le Caire ainsi que six compagnies aériennes du Golfe ont suspendu les vols vers Doha.

Licenciements abusifs, intimidations, gestion chaotique : Le personnel d’Expresso n’ose plus rêver

Les travailleurs d’Expresso n’osent plus rêver pour reprendre le slogan cher à l’opérateur de téléphonie. Le personnel nage dans un cauchemar sans fin. Après les licenciements abusifs, la Direction joue désormais la carte de l’intimidation. Ce qui a provoqué l’ire du personnel, qui a saisi l’inspection du travail, le Haut Conseil du dialogue social et le Directeur du Travail, dans une lettre qui en dit long sur le quotidien des travailleurs d’Expresso.

e feu couve à Expresso et pour cause. Jotay.net avait révélé la situation exécrable des travailleurs qui, victimes de licenciements abusifs, ne savent toujours pas à quel saint se vouer. Ces derniers sont montés au créneau cette semaine pour faire face aux dérives de la direction. Le personnel des travailleurs de l’opérateur de téléphonie a saisi l’Inspection du travail, via une lettre dont l’objet s’intitule : «Mémoire de défense contre la Direction d’Expresso pour tentative d’intimidation». La même missive a été envoyée aussi au ministre du Travail, au Haut Conseil du dialogue social et au Directeur du Travail.
Dans la lettre, les travailleurs attirent l’attention des autorités compétentes sur «la situation très précaire et les mauvais traitements des travailleurs». En effet, lit-on dans la lettre, la Direction est en train de les intimider en leur servant à chaque fois comme bon lui semble, des demandes d’explication sans aucun motif réel et sérieux. Pire, la Direction adresse parfois des lettres d’avertissement sans demande d’explication au préalable.

La Direction fixe un objectif «fantaisiste» de 200.000 abonnés par mois soit 2,4 millions par an

Nos sources au sein de la boîte vont plus loin. Selon nos interlocuteurs, la Direction prend prétexte des objectifs non atteints sur les activations des puces par les travailleurs pour créer des problèmes. «L’équipe commerciale qui subit la pression actuelle est le même team qui avait atteint les 100.000 clients en 6 mois (Ndlr : avec le Cdma, c’est-à-dire téléphone plus puce) pendant que l’un de leur concurrent avait fait 100.000 clients en 3 ans», déplore la source. «L’objectif, c’est 200.000 nouveaux clients par mois, ce qui fait 2,4 millions de clients sur toute l’année 2017. Ce qui est un objectif fantaisiste, que nous ne pourrons atteindre, dans la mesure où Orange même ne parvient pas à faire 2 millions de nouveaux clients par année», note une source très au fait de ce qui se trame à la Direction d’Expresso.
Pour ne rien arranger, les responsables du 3e opérateur mobile au Sénégal ont servi des demandes d’explication et des avertissements le 19 avril. Ce qui est déplorable, note la source, «ils ont servi des avertissements à certains employés sans pour autant leur notifier une demande d’explication par rapport aux objectifs qui leur ont été assignés. Alors que les conditions ne sont pas réunies pour atteindre ces objectifs, car, depuis février 2017, ils font travailler d’honnêtes Sénégalais, en l’occurrence les free lanceurs, dans des conditions très difficiles».
Et le personnel de noter : «Une contre-performance du département commercial a été alléguée comme motif, mais il faut noter que la responsabilité ne nous est pas imputable, car nous avons attiré l’attention de la Direction en début d’année sur la nécessite d’améliorer et diversifier la qualité de l’offre».

Expresso «nargue» l’Artp

Début avril, l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) est venue corser davantage les activations, car il est formellement interdit l’identification par le service client. La méthode à suivre est la suivante : il faut se rendre dans une agence ou une boutique partenaire pour acheter une puce et se faire identifier. «Expresso est allé plus loin en permettant même aux boutiquiers, aux ambulants, la possibilité d’identifier en appelant le 1070, ce qui est anormal, vu la nouvelle disposition de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes», informe la source.

Un cadre juridique jamais respecté….

Malgré ces conditions inouïes, le personnel poursuit «toujours avec des moyens très limités aussi bien en logistique qu’en effectif, en comparaison avec nos concurrents qui déploient de gros moyens». Mais, fait savoir le personnel, «la Direction refuse de satisfaire notre demande en mettant en place un faisceau de faits très superficiels, provocateurs, réduisant l’espace dans lequel nous devons exercer convenablement notre mission». Mieux, le personnel a tenté de mettre en place un syndicat qui tarde à voir le jour, du fait de la forte pression de la Direction. «Nous avons attiré l’attention de la hiérarchie sur les fluctuations du marché qui régissent la forte demande des consommateurs durant les fêtes, évènements religieux et nationaux. Malheureusement, le schéma sur lequel la Direction s’appuie pour mettre en branle ses manœuvres sordides, est déjoué à chaque fois qu’il s’agit de nous porter des coups fourrés», fait savoir la lettre.
A cela s’ajoute le cadre juridique bafoué par la direction. «Ayant compris leurs manœuvres, nous avons pris nos précautions, à chaque fois qu’une demande d’explication nous est servie, de fournir une réponse très détaillée sur un tableau synoptique, avec des chiffres exacts comme illustration pour étayer nos arguments». Et de poursuivre : «sous ce rapport, il convient de préciser que le motif allégué ne figure pas dans les instruments juridiques qui encadrent le droit du travail et la convention collective nationale interprofessionnelle». Pour finir, le personnel d’Expresso juge légitime cette saisine de l’autorité administrative car, disent-ils, «nous la considérons comme un devoir de veille et d’alerte contre l’attitude de la Direction et les intentions inavouées de certaines personnes tapies dans l’ombre, qui cherchent comme par le passé à nuire leurs collègues par des licenciements abusifs pour des raisons d’externalisation des emplois qui contrastent avec le travail décent».

Le Directeur commercial….un cas à part

Un homme qui s’est attiré les foudres du personnel d’Expresso, c’est le Directeur commercial, Sajid Ahmad Khan. «Sa façon de parler avec le personnel laisse à désirer et sa manière de traiter avec les femmes datent du moyen âge…», renseigne notre source. Pis le Directeur commercial est accusé de s’être illustré d’une manière irrespectueuse envers ses employés, dans un mail groupé dans lequel il fait savoir à son personnel qu’il n’attend plus de justificatif. «Soit ils font des résultats, soit ils laissent la place à d’autres», dira ce dernier.

Expresso Sénégal vache laitière du groupe Sudatel en Afrique

Autre problème qui brouille le réseau des travailleurs d’Expresso, c’est la manière insolite de gestion de la direction. En effet, Expresso Sénégal est la vache laitière des autres filiales du groupe Sudatel en Afrique. «Expresso Sénégal fait des chiffres énormes par rapport aux boites qui sont un peu partout en Afrique. Expresso se porte à merveille», soutient une source.

DAAKA 2017 : Pour s’assurer de la qualité du réseau, Abdou Karim SALL en visite à Madina Gounass

Pour une bonne couverture en réseau à l’occasion de la célébration de la 76e édition du Daaka de Madina Gounass qui a démarré samedi dernier, le Directeur général de l’ARTP, M. Abdou Karim SALL, a effectué une visite de terrain sur le site du Daaka de Madina Gounass, le Mardi 11 Avril 2017.

 

Le Dg de l’ARTP a en effet effectué ce déplacement pour s’approprier et constater de visu le dispositif mis en place afin de s’assurer que les opérateurs ont  mis en œuvre les directives qui devraient permettre aux  pèlerins présents au Daaka au cours des 10 jours de la retraite spirituelle et les journalistes d’opérer de bonnes communications à travers les lignes téléphoniques et par l’internet.

D’ailleurs, pour une bonne connectivité, une équipe technique de l’ARTP est déjà sur les lieux où elle va tout mettre en œuvre durant cette période du Daaka afin de veiller et de contrôler la qualité du service offert par les opérateurs. C’est donc une équipe de veille qui sera à la disposition des pèlerins 24/24.  

La principale mission de cette équipe consistera à transmettra en temps réels aux opérateurs les éventuels dysfonctionnements qui seront constatés dans la zone du Daaka et ses environs pour évidement apporter des réponses dans des délais précis.

Avant d’être reçu par le khalife pour effectuer sa « Ziara », le directeur de l’ARTP, Monsieur Sall en a profité de cette visite pour échanger avec les autorités administratives et religieuses.

C’est justement après ce moment que Monsieur Sall avec son staff ont été reçus par le Président du comité d’organisation du Daaka, Thierno Abdou Aziz Ba, et par El Hadji Thierno Amadou Tidiane Bâ, Khalife de Madina Gounass qui a formulé des prières pour la réussite de leur mission et celle du président de la République, Macky Sall.

Monsieur Abdou Karim SALL, était accompagné du Directeur du contrôle et de la qualité de service, du Directeur de l’Economie et des marchés de télécoms, du chef de département de la communication et du partenariat entre autres agents de la boîte. 

Kabirou Mbodj « Pas question de fusion Wari Tigo ou de licenciement »

Le Groupe Wari, actif dans les services financiers de proximité, dont le plus connu est le transfert d’argent, vient d’acquérir Tigo, le deuxième opérateur de téléphonie mobile au Sénégal, pour un montant de 78 milliards de francs Cfa, signant ainsi une diversification de ses activités. Son président directeur général, Kabirou Mbodj, qui affirme être actionnaire de Wari à 97%, explique, dans cet entretien, les raisons qui l’ont poussé à acquérir Tigo et évoque les perspectives qui s’offrent à la nouvelle entité, dans une « dynamique d’excellence », au profit des clients.

L’acquisition de l’opérateur de téléphonie Tigo, est-ce une opportunité qui était à saisir ou une volonté d’expansion et de diversification du groupe ?

« L’acquisition de Tigo et de différentes sociétés de Millicom que le Groupe Wari a achetées n’est pas une opportunité. L’opération résulte d’une volonté de compléter l’offre de Wari pour donner des services financiers aux populations sénégalaises. Nous pensons que cette combinaison de la plateforme Wari et des services de télécommunication va réellement apporter l’inclusion financière telle que souhaitée par les institutions étatiques, le régulateur, pour le plus grand bien des populations sénégalaises ».

Que ressentez-vous en entendant certains dire qu’ils vont désormais s’abonner en masse à Tigo et exprimer leur fierté de noter que c’est un Africain qui vient d’acquérir un groupe multinational de télécommunication ?

« J’ai ressenti beaucoup de fierté et cela me rend d’autant plus heureux de faire partie de ces Sénégalais qui ont senti cette fierté en se disant que c’est possible et que nous devrions le faire et nous aurions dû le faire avant. Je pense à tous ces valeureux chefs d’entreprises africains qui travaillent et qui sont freinés et brimés par tout le capital étranger des multinationales et qui devraient maintenant voir que c’est possible. Je suis content de voir que c’est nous qui l’avons fait en premier et que c’est une première en Afrique qu’une compagnie africaine rachète une multinationale. Mais, au-delà du principe et de l’effet, ce qu’il faut maintenant retenir, c’est le fait que d’autres capitaines d’industries accompagnent et poursuivent cette ambition. Nous en avons quelques-uns au Sénégal. Ce sont de valeureux capitaines d’industries qui, je l’espère, vont aller identifier les pans d’industries dans les secteurs d’activité et en prendre possession. Il est temps que l’on parle de l’Afrique. C’est le temps des Africains. C’est cela que nous avons essayé de montrer ».

Avez-vous bien mesuré le pari qui est le vôtre d’investir un domaine dans lequel s’activent deux autres opérateurs déjà bien implantés ? Et quel sera l’engagement sur la qualité ? 

« Nous sommes là en tant que consommateur sénégalais et pour challenger l’offre et la qualité des services qui sont offerts de façon générale. Nous souhaitons justement apporter un plus en termes de disponibilité de service et en termes de coûts. Je pense que c’est sur cet aspect que nous allons travailler à Tigo. Nous devons faire en sorte qu’au-delà de l’adhésion, de l’engouement qu’ont les populations sur le principe d’acquisition, qu’il y ait un engouement beaucoup plus fort par rapport à la qualité que nous comptons offrir et au système que nous allons créer avec Wari ».

Par ce rachat et au-delà de la téléphonie mobile, misez-vous sur d’autres créneaux et niches offerts par les technologies ?

« Nous sommes déjà dans les technologies. L’économie digitale est là. Elle est globale, accessible à tout le monde et s’impose, que ce soit dans les banques, de la téléphonie, des services administratifs, de la consommation. On y est de plain-pied. Il n’y a pas d’autres choses à inventer. Le monde de demain est déjà là, aujourd’hui. C’est pourquoi, l’acquisition de Tigo renforce notre stratégie d’offrir les services digitaux dont ont besoin les Africains. Nous voulons connecter l’Afrique au reste du monde ».

Cela veut-il dire que, demain, Wari sera dans la banque ?

Karibiou Mbodje« Wari est déjà dans la banque en tant que partenaire stratégique de presque l’ensemble du système bancaire sur le continent. Plus de 152 banques sont partenaires de la plateforme Wari. C’est quelque chose sur laquelle nous travaillons déjà ».

Comment comptez-vous gérer les deux activités qui, même si elles peuvent se compléter, sont quand même différentes ?

« Elles sont différentes, mais complémentaires. Il n’est pas question de fusion ou de plan de licenciement. L’intérêt dans le rachat de Tigo est de créer une vraie synergie entre deux entités fortes, au service des populations pour que, ensemble, on profite de l’expertise des employés de Tigo, de son management et de celui de Wari. Pour que chacune et ensemble ces deux entreprises puissent construire une vraie offre et faire comme Wari ».

Les facilités offertes par la téléphonie pour le transfert d’argent ont-elles pesé dans votre choix de racheter Tigo afin de constituer un groupe homogène avec des produits qui se complètent ? 

« La technologie sur le service que vous évoquez (les transferts d’argents), c’est un panel de services financiers. L’acquisition de Tigo, c’est pour permettre d’offrir la connectivité, quel que soit l’endroit où l’on est, que l’on puisse accéder aux services. L’inclusion financière, ce n’est pas seulement de disposer d’un compte bancaire, c’est de faire en sorte que l’on soit inclus économiquement. C’est ce que nous voulons apporter aux populations. Cette acquisition nous permettra d’être beaucoup plus proches d’elles ».

Cela semble paradoxal. Vous avez souvent dénoncé les sociétés de téléphonie qui ont intégré le secteur rentable du transfert d’argent. Pourquoi, alors, avoir racheté Tigo ?

« On n’est pas dans la même situation. Parce que Wari est une plateforme digitale qui permet aux banques d’offrir des services financiers de manière plus large et plus dense, à travers notre réseau de proximité. Le rôle de la finance doit revenir aux banques qui, pour exercer leur métier, disposent d’un agrément de la Banque centrale. C’est un métier bien distinct de celui d’opérateurs de télécom. L’acquisition de Tigo n’est pas une question de services financiers. A travers ce rachat, nous voulons repositionner le rôle d’un opérateur de télécom dans un environnement complet. Concernant l’environnement des services financiers, il faut voir ce que doit être un incubateur de télécom, c’est-à-dire de la connectivité, et tout faire pour rendre accessible les services financiers offerts par les banques ou par les institutions financières qui sont des partenaires de Wari ».

Avec cette acquisition et la mise en place d’un groupe intégré, quels sont vos objectifs stratégiques à court, moyen et long termes ?

« Les objectifs à court terme, c’est de rendre l’offre de Tigo plus attractive et faire en sorte que la qualité soit au rendez-vous. Nous voulons plus d’adhésion de la part des populations sénégalaises qui ont manifesté un grand engouement avec l’acquisition de Tigo. Le pari est de faire en sorte que la qualité, la pluralité des services et leur coût soient au rendez-vous. C’est ça notre volonté à court terme. Après, il s’agira de construire une autre offre qui sera plus alternative. L’idée est d’avoir cet écosystème qui a réussi à Wari et de le reproduire à travers le partenariat Tigo – Wari ».

Récemment, des problèmes avaient été notés dans le réseau de Wari. Qu’est-ce qui a été fait pour y remédier ?

« Des difficultés, on en retrouve dans tout système, mais elles sont reprises de façon insidieuse par certains concurrents pour faire croire qu’il y a des problèmes majeurs. Aujourd’hui, sur les millions de transactions effectuées sur la plateforme de Wari, s’il y a une dizaine qui pose problème, c’est vraiment insignifiant. Mais vous avez des structures concurrentes qui, au lieu de se concentrer sur une offre de meilleure qualité pour concurrencer Wari, préfèrent utiliser des procédés diffamatoires pour tenter de jeter l’opprobre sur nous. Mais l’adhésion encore plus grande des populations à notre endroit montre qu’il n’y a pas de problèmes à ce niveau, même si tout est à parfaire. Il ne faut pas oublier que même si Wari est devenu très populaire, il est quand même récent. Et chaque fois qu’un système grossit, il y a des ajustements à faire. Parce que notre intérêt est de construire chaque jour une offre encore beaucoup plus proche des populations et qui rencontre leur adhésion en réglant leurs problèmes quotidiens ».

La concurrence vous talonne de plus en plus. Comment comptez-vous faire pour maintenir votre avance ?

« Nous avons été les pionniers dans l’offre de services financiers digitaux au grand public. C’est ça qu’il faut préciser. Dans ces services, il y avait du transfert d’argent à côté d’autres services de paiement. La concurrence, c’est quelque chose de simple. Elle aide à innover, à renforcer la qualité des services et à réduire les coûts pour gagner l’adhésion des utilisateurs. C’est cela notre crédo. Nous sommes contents qu’il y ait la concurrence et nous souhaitons que les pouvoirs publics l’organisent pour qu’elle soit saine et équitable. Et à ce moment, les populations choisiront le service qui correspond le mieux à leurs attentes ».

Mettre sur la table environ 80 milliards n’a pas été une mince affaire. Comment a été conçu le montage financier ? Quelle est la part de fonds propres et quel est le niveau du financement complémentaire ? 

« Je pense que le plus important dans cette acquisition, ce n’est pas tellement le montant de l’acquisition, contrairement à l’intérêt qui est suscité. En fait, c’est une structure qui était à vendre et que nous avons achetée. Maintenant, pour les modalités d’achat, je ne pense pas que ce soit la chose la plus importante. Ce qui intéresse plutôt les Sénégalais, c’est de savoir qu’est-ce que nous comptons faire de cette société qui, aujourd’hui, intervient dans un secteur très sensible et qui fait appel à une offre de service au quotidien. Les services de téléphonie ne sont pas un luxe, mais un service public pour lequel aussi bien l’Etat, le régulateur que les populations accordent un intérêt particulier ».

D’aucuns estiment que vous êtes un prête-nom. Que leur répondez-vous ?

PDG Wari Tigo« Il faut vraiment le déplorer parce que vous avez des personnes qui, au lieu de travailler à trouver des offres pour une concurrence saine, n’ont d’autre chose à faire que de produire des allégations qui sont fausses et diffamatoires. C’est vraiment déplorable. Actuellement, Wari est présent dans 62 pays. On aurait pu faire comme certaines multinationales et investir ailleurs qu’au Sénégal. Mais on a réinvesti la totalité de nos revenus dans le pays. Je pense que c’est ce qu’il faut saluer. Il faut que les rumeurs fausses et diffamatoires soient décriées et que les populations ne soient pas abusées par les propos malveillants. Pour le reste, je pense que les populations mesurent bien exactement ce qu’a réalisé Wari depuis sa création. Notre parcours est complètement transparent. Les Sénégalais nous suivent depuis nos débuts en 2008. C’est ce que nous prônons et elles le constateront toujours au quotidien, aussi bien maintenant que dans l’avenir. Il n’y a absolument aucune personne qui est derrière Wari, à part les Sénégalais ».

Quelle est la géographie du capital de Wari ? Qui en est l’actionnaire majoritaire ? Certains susurrent même que vous êtes peut être un prête-nom. Que répondez-vous par rapport à ces commentaires ?

« Encore une fois, ce sont des allégations diffamatoires et réductrices. Il vaut mieux saluer les initiatives plutôt que d’essayer de penser qu’il y a toujours quelque chose de malsain derrière. C’est assez déplorable de ne pas avoir un esprit positif. La société Millicom détenait les trois sociétés au Sénégal que sont Sentel S.A., Data International et Mobile Cash. L’ensemble de ces trois structures, c’est-à-dire 100 %, appartiennent maintenant à Wari, un groupe détenu à 97 % par Kabirou Mbodj. Le reste du capital, soit 3 %, est détenu par les employés ou les anciens employés. Voilà la structure de notre capital. Dans le futur, il y aura des ouvertures parce que Wari s’internationalise et de grandes institutions sont en train de vouloir entrer dans le capital. Ce ne sont pas des Marocains, ni des Algériens et il n’y a pas quelqu’un qui est derrière et qui tire les ficelles. L’autre objectif est de redonner aux Sénégalais et aux Africains la propriété du groupe Wari pour que tout le monde en soit, en partie, propriétaire. Nous souhaitons que les retombées de cette grande aventure que nous essayons de construire puissent servir et profiter à tous ».

Wari avait connu, ces deux dernières années, une polémique opposant des actionnaires qui a atterri au tribunal. Où en est cette affaire ? Est-ce qu’elle a gêné ou retardé le processus d’acquisition de Tigo ?

« Il n’y a jamais eu un problème chez les actionnaires. La politique de Wari c’est de redistribuer. Ça fait partie de notre Adn. Quand j’ai créé la société, j’ai voulu donner des parts à des employés pour qu’ils puissent en bénéficier. C’est ce que je leur avais promis, c’est-à-dire créer une fierté et des revenus pour que tout le monde puisse en bénéficier. C’est ce que j’ai voulu faire. Malheureusement, cela a été détourné pour créer de la polémique par voie médiatique. Mais, il n’y a aucune incidence sur la vie de la société. La preuve, les personnes qui sont derrière pour dénigrer Wari ont été elles-mêmes condamnées, à savoir Jeune Afrique et d’autres journaux de la place qui ont relayé cette information et qui ont été condamnés pour diffamation par le Tribunal de Dakar ».

Après Total Sénégal, il y a un an, envisagez-vous une future introduction de Wari et Tigo en Bourse, à la Brvm notamment ? Dans le futur, une ouverture du capital de vos deux entités vers un actionnariat populaire est-elle possible ?

« Tout cela est non seulement possible, mais souhaitable car aujourd’hui, il en va de l’intérêt de l’entreprenariat sénégalais et africain que les gens comprennent que dans le monde, les mécanismes de financement les plus complets et les plus efficaces se font par les marchés et cela a l’avantage de créer un vrai engouement populaire. Déjà, on a noté avec intérêt l’engouement engendré par l’information de cette acquisition et le patriotisme au Sénégal. Cela nous rend fier et nous le saluons à juste titre. Fort de cela, nous voulons redonner aux populations sénégalaises la possession de cet outil que constitue Tigo qui est un outil de souveraineté et nous ferons en sorte que les populations se l’approprient. Oui, l’entrée en bourse est quelque chose qui est envisagée ».

C’est-à-dire aller en bourse et faire une ouverture sur l’actionnariat populaire ?

« Oui l’actionnariat populaire a toujours été une chose voulue par le groupe Wari. Nous travaillons là-dessus pour les deux entités ».

Avec l’acquisition de Tigo, est-ce qu’on peut désormais considérer Kabirou Mbodj comme un capitaine d’industrie ?

« La personne importe peu dans le dispositif. Si ce n’était l’engouement suscité par Wari, j’aurai souhaité rester anonyme. Cet engouement est encore plus fort avec l’acquisition de Tigo et m’oblige à me mettre au-devant de la scène. Mais un capitaine d’industrie, c’est un entrepreneur au départ. Pour cela, je sais que tous les entrepreneurs qui se lèvent tous les jours et qui se disent qu’il faut essayer de changer les choses sont à saluer. Il n’y a pas de profil qui soit plus haut que les autres. Il y a des degrés de réussite, mais ça n’enlève pas le mérite de l’ensemble des gens qui essayent. C’est tout cela qu’il faut saluer ».

Le fait d’être considéré comme un capitaine d’industrie, ça ne vous choque pas ?

Kabirou Mbodje Wari Tigo« Il n’y a pas à être choqué. Si c’est légitime, je l’accepte avec fierté et responsabilité. Parce que derrière, c’est un devoir qui s’impose. Nous devons offrir un service public, même si Wari est une société privée. Il y a donc une énorme responsabilité qui se renforce par l’adhésion des populations et nous voulons qu’elles soient encore plus fières de ce que nous faisons et beaucoup plus engagées à porter l’entreprenariat sénégalais et africain ».

Que vont représenter Tigo et Wari dans l’économie nationale en termes de chiffres d’affaire et d’emplois créés ?

« Ce sont les populations qui vont définir la qualité et l’envergure de l’utilisation qui va être faite des services que nous offrons aujourd’hui et pour le futur. Cet engouement va nous obliger à réfléchir plus fort à comment redonner aux Sénégalais cette force qu’ils ont créée en nous, en générant encore plus d’emplois. Aujourd’hui, avec 18.000 emplois directs, Wari est le premier créateur d’emplois et nous comptons accroître ce chiffre à travers tout l’écosystème que nous allons mettre sur pied. Le rôle de l’Etat est d’organiser l’économie. Il ne lui revient pas de créer des emplois, mais d’accompagner les entreprises. Et en développant les entreprises, on générera plus de revenus fiscaux pour l’Etat, ce qui lui permettra de construire plus d’infrastructures ».

Quelle sera votre stratégie à Tigo ? Ce sera la rupture ou la continuité ?

« Vous me permettrez de rassurer tous nos employés. Que ce soit ceux de Tigo ou de Wari. Ce que nous cherchons, c’est avant tout l’excellence et offrir les meilleurs des services. Il n’y a donc pas de chasse à l’homme, de politique de restriction ou de réduction d’emplois. L’objectif, aujourd’hui, est tourné vers les populations sénégalaises. Qu’est-ce que nous pouvons leur offrir de mieux, de plus adapté et de moins cher ? C’est ensemble que nous allons travailler, aussi bien les équipes de Tigo que celles de Wari, pour offrir ces performances aux populations ».

Vous êtes aussi un chantre de la préférence nationale. Comment appréciez-vous la position de l’Etat à l’endroit des opérateurs économiques nationaux ?

« Nous prônons la concurrence saine et un environnement juste et attentifs aux investisseurs nationaux. L’Etat ne peut pas tout faire. On a tendance à penser que c’est l’Etat qui crée les emplois. J’évoque avec respect le nom de Babacar Ngom et d’autres qui sont de véritables capitaines d’industrie au Sénégal. Au début, un entrepreneur défend son projet sans tout attendre de l’Etat. Notre préoccupation porte plutôt sur ce que nous pouvons apporter à notre pays. C’est ce que nous avons fait. Ce n’est pas une question d’argent, mais d’organisation. Il faut que nous, Sénégalais, nous mettions ensemble, que nous travaillions ensemble, ayons une stratégie commune, des ambitions communes et un destin commun. A ce moment-là, l’Etat pourra nous rejoindre et organiser cet engouement de solidarité. C’est ce qu’on attend de l’Etat. Il doit venir en dernier ressort pour organiser le cadre et faire en sorte que tout le monde puisse librement exercer sa profession ou son activité. Que chacun soit, de façon équitable, dans le système économique pour que l’ensemble de la population et des acteurs puisse en profiter. Je pense qu’on a le soutien de l’Etat et j’en suis content ».

Quels sont vos conseils aux jeunes Sénégalais pressés de créer des entreprises gagnantes ? Quelle est votre méthode managériale et entrepreneuriale ? 

« Il n’y a pas d’âge pour entreprendre. Il n’y a que la volonté de faire et de réussir. La seule limite, c’est le ciel. Si vous commencez une chose et que vous pensez que c’est ce qu’il fallait faire, il faut le continuer. Il ne faut pas vous arrêter que quand c’est fait et réalisé. Ce qui est important, c’est de se dire, à un moment donné, qu’on va créer une activité parce qu’on sait qu’elle peut rapporter de la valeur ajoutée à soi-même et aux gens à qui c’est destiné, c’est-à-dire à la population. Rien que pour cela, il faut se donner corps et âme, quelle que soit la dureté des épreuves, afin d’atteindre la réussite. C’est le conseil que j’apporte. Tous les rêves sont valables. Ne pas penser que les rêves ne sont pas à notre portée, c’est ce qui brise l’entreprenariat africain. Il faut décomplexer les Sénégalais. Je donne l’exemple de Coca-Cola dont l’origine était une petite structure à Atlanta. Cent ans plus tard, cette société est non seulement pérenne, mais est présente partout dans le monde. Cela veut dire qu’on a une opportunité de jouer sur un terrain mondial. Les outils sont là et les Sénégalais ont une capacité d’adaptation. Il faut décomplexer et l’environnement et l’ensemble du continent pour qu’ensemble on aille à la conquête de ce qui fait la réussite des grands groupes du monde entier et qui puisse nous permettre même de décider de notre avenir ».

(Entretien) Joyce S. Gotta : «Pourquoi Millicom a vendu Tigo à Wari»

La cession de Tigo à Wari est l’info économique qui a dominé l’actualité de ces derniers jours. Mme Joyce Sagoe Gotta, Directrice marketing de Tigo, dans cet entretien avec Seneweb, explique pourquoi Millicom a pris une telle décision. Elle s’exprime aussi sur l’avenir de l’opérateur de téléphonie et celui des employés de la boîte. Interview…

Mme Gotta, pourquoi Millicom a décidé de céder Tigo à Wari ?

Millicom a décidé de céder Tigo parce que cela fait partie de la stratégie globale du Groupe qui est de sortir progressivement de l’Afrique et d’investir un peu plus dans certains autres domaines en Amérique Latine où le business est beaucoup plus profitable. Donc c’est une stratégie Groupe, une vision décidée par le Groupe. Mais cela n’a pas été facile de sortir de Tigo Sénégal parce que la vente est intervenue au moment où depuis trois ans, l’entreprise était en pleine croissance. Depuis le lancement de la 3G, et avec les initiatives prises par la Direction générale, on a vu nos parts de marché augmenter. Nous avons lancé successivement Tigo Cash et Tigo Business. On a vu qu’en termes d’opérateur digital, on fait partie des meilleurs de la place. Donc c’est vraiment intervenu à un moment où ça n’a pas été facile de prendre la décision.

Est-ce que les difficultés antérieures, notamment les litiges avec l’État, n’ont pas conditionné ce retrait ?

Comme je l’ai dit tout à l’heure, c’est une stratégie du Groupe. Il faut dire que le Groupe a une certaine souveraineté en termes de décisions. Nous appartenons à un groupe qui a aussi des obligations vis-à-vis de ses actionnaires. Donc la stratégie est déjà établie et ça n’a rien à voir avec tous les litiges ou les situations précédentes ou ce qu’on a vécu avec les gouvernements antérieurs. Parce que, comme je l’ai dit, depuis trois ans, tout se passe très bien. Wari a fait une offre très intéressante, raison pour laquelle, en toute légitimité, le Groupe a décidé de céder Tigo Sénégal.

Est-ce que le secteur des télécommunications permettait de faire davantage de profits ?

Le marché est toujours intéressant. Il y a encore beaucoup de potentiel. Tigo Sénégal ne disparait pas. On est toujours au Sénégal et on a notre stratégie qui est en place. On continue la lutte pour grignoter des parts de marché. Depuis un bon bout de temps, on voit bien que le marché est actif et tous les acteurs sont très présents. Il y a des secteurs où nous sommes beaucoup plus avancés que d’autres. Mais il est clair qu’il y a des niches, notamment le secteur B to B où nous comptons faire des choses.

Tigo restera-t-il toujours tigo ? Le nom va-t-il changer ?

Je ne peux pas dévoiler la stratégie. Mais ce que je peux dire, c’est que les clients Tigo n’ont pas à s’inquiéter. Parce que pour l’instant et jusqu’à preuve du contraire, la marque Tigo reste. Après, bien évidemment, dans tout ce qui est décision de cession, il y a une stratégie qui sera mise en place. Mais pour cela, il faudra attendre que nous puissions discuter avec les équipes de Wari. Mais, ce qui est intéressant, et ce qui est vécu ici en interne, c’est de dire qu’aujourd’hui nous allons avoir des services encore plus convergents. Nous allons passer à une étape supérieure. Donc nous le voyons comme une opportunité pour réellement être encore plus forts sur le marché, plutôt qu’un risque. Parce que nous avons des clients qui nous font confiance. Il ne s’agit pas pour nous de les laisser tomber ou de passer à autre chose. C’est plutôt leur offrir plus avec les acquis de Wari. Il y a des compétences chez Wari que nous n’avons pas et il y a des compétences chez Tigo qu’on n’a pas chez Wari. Donc il y a une certaine complémentarité qui va naitre pour nous permettre d’être encore plus forts sur le marché.

Qu’en sera-t-il des travailleurs de Tigo ?

Pour les employés de Tigo, il n’y a aucun changement. Vous savez, dans ce type de transaction, les employés sont protégés par la loi. Et comme l’a dit récemment M. Kabirou Mbodje, il ne s’agit pas de venir casser un business. C’est plutôt utiliser les compétences en présence, qui ont fait de cette marque ce qu’elle est aujourd’hui, pour continuer l’œuvre. Donc c’est une synergie entre les forces. Mais dans la pratique, il ne s’agit pas de venir restructurer, bouleverser le business tel qu’il est. Notre activité est assez sensible et a besoin des hommes du sérail. L’organisation ne change pas en tant que telle. C’est le groupe qui devient plus fort, avec une empreinte locale plus forte.

La nationalité du nouveau propriétaire va-t-elle aussi constituer un nouvel atout pour Tigo ?

Je pense que oui. Mais il faut dire une chose, Tigo a toujours été une marque locale et considérée comme une marque locale. Nos produits sont locaux, ils n’ont pas été pensés ailleurs pour être exploités sur le marché. Ce sont des produits basés sur une étude de marché locale avec une équipe fortement locale avec des publicités locales. On a toujours été une marque locale et ça se voit sur le terrain. Un des éléments qu’on nous reconnait, c’est la proximité. Donc je pense que le côté local, on l’avait déjà. Et évidemment, le fait d’être avec Wari renforce ce sentiment parce que là on parle de nos origines. Et on sait maintenant que l’origine est maintenant sénégalaise et locale. Ça ne peut être qu’une fierté nationale. Donc c’est un vrai atout que ça renforce ce sentiment-là.

Votre dernier mot ?

Je remercie les clients pour la confiance qu’ils nous accordent. Si, en termes de croissance depuis trois ans, on en est arrivés là, c’est grâce à eux. J’aimerais remercier les clients qui nous suivent depuis la première heure. De Hello jusqu’à Tigo. Qu’ils soient rassurés que tout ce que nous faisons est pour leur accorder plus et je pense qu’ils ne seront pas déçus.

Téléphonie au Sénégal : L’ARTP reconnait un défaut de services

Il ya un réel problème de qualité de service au niveau de tous les opérateurs. Une confidence de l’Artp qui évaluait au deuxième jour de son séminaire, le contrôle et le suivi de la qos (quality of service). La qualité de service cette mission a toujours été prise en charge selon L’Artp qui reconnait cependant  des problèmes. Ainsi pour remédier à cela des concertations sont en vue et un protocole sera mis en œuvre avec des outils performants pour définir les canevas d’évaluation avec les acteurs concernés . D’ailleurs depuis l’an passé, l’Artp est en attente du rapport bilan pour pouvoir le présenter aux opérateurs afin de  corriger ainsi les insuffisances.
L’agence de régulation des télécommunications et des postes, loin de jouer aux gendarmes, estime être dans une logique de travailler pour être dans les temps. A l’heure actuelle des évaluations sont faites sur l’axe sud et le centre. Il ne reste que la partie nord. Seulement une évaluation parcellaire place Kédougou, région la moins favorisée en qualité de service.

MEDIA

Le DG de l’ARTP sur le rachat de Tigo par Wari : « Je n’ai pas été officiellement saisi »

L’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) n’a pas été officiellement saisie par l’opérateur de téléphonie mobile Tigo Sénégal concernant la cession de ses actifs au groupe Wari, a soutenu, jeudi à Saly (Mbour), son directeur général, Abdou Karim Sall.

« Je ne me prononcerai pas sur cette question étant donné que je n’ai reçu aucune correspondance officielle de Tigo me parlant de son intention de céder ses actifs à Wari », a répondu M. Sall à la question d’un journaliste.

S’exprimant en marge d’un séminaire de partage avec les journalistes sur les 15 ans de l’ARTP, Abdou Karim Sall a précisé que « la condition sine qua non d’une cession de concession, c’est l’approbation de l’Etat du Sénégal ».

« Si tel est le cas [rachat de Tigo par Wari], le Code des télécommunications dispose des moyens nous permettant de [valider] cette opération si nous avons l’accord des autorités’’, a encore ajouté M. Sall.

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