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Le chronique du Mardi Exploiter au maximum la visite d’Etat en France

Selon beaucoup d’analystes politiques, il est très rare de voir une visite d’Etat soit effectuée en France, particulièrement par  les Chefs d’Etat Africains. Celle du Président Macky entre par conséquent dans l’histoire avec tous les honneurs qui vont s’y rattacher, mais aussi et surtout toutes les retombées attendues. Chapeau bas Mister Président.

Il faudrait donc que l’appareil d’Etat soit à la hauteur car des opportunités du genre risquent de ne pas se présenter à nouveau avant la fin du mandat présidentiel. En effet, pendant une visite d’Etat, tous les capitaines d’industries qui contrôlent les grands groupes sont mobilisés au nom de la mère patrie pour essayer de vendre l’expertise de la destination France aux investisseurs potentiels. C’est l’occasion pour nous aussi de changer de paradigme et de ne plus voir en ces visites des occasions de faire du tourisme ou de chercher à trouver coute que coute de l’appui au développement. On connait tous le revers de la médaille de l’Aide publique au Développement. Ce qu’il faudrait c’est de trouver un moyen de faire en sorte que le Sénégal vende lui aussi son expertise et sa destination en mettant en avant non pas seulement des capitaines d’industries qui pourraient difficilement « compétir » avec leurs homologues français, mais une sorte d’économie alternative sur des produits et services dont les français auront besoin et qu’ils ne produisent pas.

L’autre aspect à prendre en compte, c’est le folklore politique qui risque de mettre à nu tout ce que nous avons de plus mauvais, la politique politicienne et le positionnement. L’APR de la diaspora est interpellée et on attend de ses membres un sens élevé des responsabilités pour ne pas jeter du sable dans le couscous.

Cette visite se passe à une étape charnière de l’histoire car elle sera l’une des dernières du Président Hollande et si la diplomatie sénégalaise manœuvre de façon stratégique, on pourrait faire en sorte que des engagements forts soient pris et soient inscrits en bonne place dans le dossier de son successeur dans quelques mois.

Il n’est point besoin de désespérer, faisons confiance au Chef de l’Etat et à son de diplomatie qui certainement auront à cœur d’inscrire les résultats en lettres d’or.

Anteur :Libasse HANE Spécialiste de la Gouvernance media7.info

Chronique de Mbemba Dramé – Elections des membres du Hcct: Les défis « des moins que rien »

La valse des logiques fluctuantes qui cohabitent dans une totale indifférence dans le schéma de manifestation des forces politiques au Sénégal s’est renforcée. Au sortir des élections du Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct).
Sûrs de leurs certitudes triomphalistes, les « Apéristes », renforcés par la configuration du Benno Bokk Yakaar (Bby), ont très tôt embouché la trompette de la victoire facile. Ils avaient très tôt creusé la tombe politique d’un certain Khalifa Sall et de ses amis qui ont fini par infliger une cinglante déroute à la coalition présidentielle.  L’observatoire politique donnait pourtant la tronche de Khalifa Sall comme une proie facile. En effet, le flegme politique du Dinosaure de Grand Yoff, son indécision apparente dans le combat du leadership de son parti le donnait perdant dans ce duel où le Benno Bokk Yakaar mettait un point d’honneur à lui infliger à lui et à ses amis de And Taxawu Dakar une leçon de maturité politique. Mais comme là, il s’agit de relever un défi majeur relatif au contrôle de Dakar, dans un dispositif de stabilité  politique où la capitale de notre pays figure en ligne de mire, qui s’arroge la suprématie électorale validée par plus de cinq millions de sénégalais, qui grouillent dans ce bouillonnement de Ndakaru, gagne le Sénégal. C’est tout à l’honneur des Barthélemy Dias, Idrissa Diallo, le socialiste invétéré Maire de Dalifort et du tonitruant maire de la Médina, le jeune Bamba Fall entre autres.
Au-delà du discours évasif et des prétentions démesurées d’un certain Abdoulaye Diouf Sarr, Maire de Yoff, les urnes ont parlé le dimanche 04 septembre dernier et ont laissé des enseignements majeurs sur le tapis. Diouf Sarr, il est clair porte la toge  « Apériste » au pouvoir et jouit d’une certaine affection auprès du Chef de l’Etat et des secteurs communautaires Lébous. Mais il ne peut tout de même se frotter à la force d’ancrage d’un certain Khalifa Sall, pur produit du parti socialiste, ayant fait ses humanités de Senghor à la refondation en passant par le tumultueux règne de contradiction du Président Abdou Diouf, père des fractures qui ont bipolarisé le parti socialiste du père Léo. A travers le pays, les messages lancés par les régions imposent désormais des enseignements prémonitoirement édifiants. En effet si l’Apr s’est imposé ici et là par la force naturelle qui a toujours caractérisé les partis au pouvoir à travers l’unité centrale du Benno Bokk Yakaar, il reste que des villes comme ce fut le cas à Matam, ville charnière, historique et très politique du Fouta naturel, l’ami inconditionnel du Président Sall, en l’occurrence le député Farba Ngom, se bombe le torse et savoure les effets d’une victoire, sur fond de défit. Tout comme à Ziguinchor, Abdoulaye Baldé et ses amis de l’Ucs ont battu à plate couture le parti présidentiel au point de susciter l’agacement des responsables locaux comme Doudou Kâ, Benoit Sambou et autres, des poches d’in conformisme à l’écho unitaire qu’on semblait entonner autour de l’Apr, le Pds qui fait son bonhomme de chemin pour avoir gagné à Diouloulou et à Bounkiling, lance une alerte de survie à la conscience politique des sénégalais. Ainsi dans la perspective des élections législatives, les alliés du Benno Bokk Yakaar, au-delà de la victoire générale, ne doivent pas s’installer dans une posture jubilatoire. Il s’impose pour le parti présidentiel un réflexe de lecture intelligente des résurgences de défit des forces libérales éparpillées dont la jonction utile pourrait, un jour nuire aux postures auto-triomphalistes que les cadres politiques  de l’Apr ont toujours adopté pour faire croire au président Macky Sall que leur parti contrôle bien ce pays. Mais quand le fragile vernis des prétentions démesurées s’effrite, la vérité des faits triomphe. Rien n’est encore sûr!

Media7.Info 

Chronique de Mbemba Dramé: Perdièmes aux Journalistes : La sortie maladroite du Cored    

Toutes les Ong et les organisations susceptibles de  mettre  la presse dans certaines conditions jugées   nébuleuses en sachant que cela ne préserve pas les intérêts de la corporation en termes de légitimisme  et de rectitude   posent autrement dit un problème beaucoup plus sérieux : c’est  la viabilité même, la crédibilité sémantique du rôle du journaliste en tant que personne responsable chargée de la communication sociale. Vouloir poser le débat à ce niveau, c’est en quelque sorte  soulever de nombreux précédents et créer des implications inaudibles dans le sens de  trouver d’autres explications à l’action   que la presse est susceptible de mener. Il est vrai que quelque part, les Perdièmes et autres honorabilités offertes par des institutions, des Ong et autres organisations à des journalistes peuvent compromettre quelque part la liberté d’expression du journaliste, son impartialité et son engagement professionnel dans le sens de la restitution de l’information sans parti-pris.  Mais au-delà, il se pose un tout autre problème, là où les nombreuses éditeurs, les patrons de presse, les directions des journaux les dédouanent publiquement par rapport à des manquements qui peuvent être naître de ce recours  aux Perdièmes, il se pose un tout autre problème, celui des prébendes occultes dont bénéficient beaucoup de chefs d’éditions au niveau des organisations corporatives dont les intérêts sont mus et entretenus où relayés par la presse. De l’Etat en passant par les organisations des Nations-Unies, aux grandes Ong et aux opérateurs économiques que n’a-t-on pas vu ou entendu ou senti venir de la part des connexions nébuleuses et malheureuses  qui les ont opposés à certains patrons de presse où à certains  chefs d’édition. De mémoire courte, on peut bien occulter des faits mais  à remonter la filière de ce pays, de notre Sénégal où tout un  chacun sait qui est capable de quoi, il y a une autre forme de moralisation beaucoup plus indiquée que de se lever  à la faveur d’un couperet de sanction sur un ennemi ou un  fautif qui n’est  ni star approuvé. Vouloir entreprendre une campagne est déjà établir les preuves d’une culpabilité quelque part noté. Maintenant qui a fait quoi ? Qu’est ce qui serait à la base de tout cela ? Y’ a-t-il des gens indexés, soupçonnés ou tout simplement identifiés? Que le débat soit clair. La question autour de la crédibilité de la presse, telle que posée par le Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (CORED), nous a semblé être une sortie malheureuse de par sa forme maladroite. Dès l’instant qu’il y a une interpellation sur une éthique déontologique, il est posé le problème des culpabilités avouées et inavouées où sournoises. Et qui a fait quoi ? Que s’est-il passé ? Les Perdièmes tels qu’on les voit ici, des parts entre guillemet qui font partie du lot de la sociologie sénégalaise. Vouloir en ces termes, c’est ignorer que la sociologie au Sénégal comporte un aspect assez important de donner à l’autre le transport spontanée et naturel. Car la presse n’est pas une animosité. Relation presse et institution  ou organisation n’est pas un champ d’animosité. Nous autres qui savons faire de la communication sociale, faisons du contact du journalisme, un travail de mesure, de détection, les principes normatives de l’organisation de la presse telle enseignée dans les institutions scolaires, chargées de la formation de la presse, fait que chaque édition dispose d’un budget de fonctionnement pour la presse. La presse, c’est d’abord les conditions matérielles. Au Sénégal, nous n’avons pas encore la culture antisociale de récuser de l’honneur. Celui-là qui vient avec les moyens à sa rencontre, lui donner cinq milles francs là où il a pris un taxi et autre, qui perçoit son salaire, on ne peut le corrompre sur la base de cinq milles où dix milles francs. Des modiques sommes qui ne traduisent  que la symbolique d’une réalité sociale qui existe chez nous est l’équivalent du pot de vin offert à un banquier de presse en Europe ou ailleurs lors d’une conférence de presse. Nous n’avons jamais récusé une salle de conférence de presse parce qu’il n’y a pas de tables garnis où les gens doivent aller se restaurer.

Média7 INFO

La revue des titres de ce lundi: Le HCCT, la double nationalité et une probable pénurie de mouton au menu des quotidiens

Le débat sur le double nationalité, l’élection des membres du Haut Conseil des Collectivités Territoriales, la probable pénurie de moutons pour la tabaski occupent l’actualité de ce lundi 29 Aout.

Macky freine son camp  sur le débat autour de la double nationalité lit-on à la Une de l’AS. Le chef de l’état clôt le débat.  Et renvoie   à la constitution adoptée depuis 1992 qui règle le problème. Laquelle constitution selon le Président Macky Sall  indique que pour être candidat à la présidentielle, il faut de nationalité exclusivement sénégalaise note-t-on dans le même journal

« C’est un faux débat », a confié le président Sall depuis Nairobi où se tient la 6eme conférence de Tokyo sur le Développement de L’Afrique (TICAD) dans le journal Enquête.

Sur l’élection du Haut Conseil des Collectivités Territoriales (Hcct), « Macky débauche, Khalifa crie », a-t-on titré dans la Tribune. « Les femmes de la coalition présidentielle ont péché des conseillères sur les listes de Takhawu Dakar du maire Khalifa Sall. », lit-on dans le journal.

« Tabaski 2016, déficit de moutons à Kaolack » toujours à la page Une de la tribune contrairement à l’année dernière ou à pareille heure près de 60 camions ont été déjà sur la place.

Enfin Alioune Sall, qui se prononce sur sa société d’aviation « je suis libre de monter une société de nucléaire », toujours dans la tribune.

Aissatou FAYE, Média7 INFO

Belgique : Les Sénégalais, 1ers dans les demandes d’asile pour homosexualité

Le nombre de demandes d’asile introduites en Belgique pour homosexualité a triplé en cinq ans, selon les chiffres du Commissariat général aux réfugiés et apatrides (CGRA).

La majorité des immigrés qui ont tenté d’obtenir l’asile l’an dernier au motif d’être des homosexuels persécutés étaient des Africains dont les Sénégalais ont le plus grand nombre avec plus de 48% des demandes. Viennent ensuite les Camerounais, les Mauritaniens, les Togolais y compris les Guinéens. Sur les 843 dossiers traités par le CGRA en 2014, 295 ont été régularisés, soit 34,9% .

«Le principal motif de refus est le manque de crédibilité générale de leur récit. Les déclarations des demandeurs ne correspondent pas toujours à la situation prévalant dans le pays d’origine ou manquent de cohérence. Il est important de mentionner que ces personnes sont interrogées de manière individuelle par des travailleurs formés sur le pays d’origine et sur la thématique de l’orientation sexuelle», précise Damien Dermaux, porte-parole au CGRA.

Wabitimrew.net

Dossier Karim Wade : Me Wade refuse la main tendue d’un ancien ministre français

L’avocat et ancien ministre français, Roland Dumas, a été éconduit par l’ancien Président du Sénégal, Abdoulaye Wade. Nos confrères de la Lettre du Continent, repris par EnQuête, révèlent que l’ancien chef de la diplomatie de François Mitterrand voulait défendre Karim Wade emprisonné à Dakar à la suite de son inculpation pour enrichissement illicite.

« L’ancien ministre français (Roland Dumas) a vainement tenté d’approcher Abdoulaye Wade pour défendre son fils emprisonné à Dakar », écrit la Lc. Mais, ajoute la Lettre, cette tentative a été couronnée par un échec. A 93 ans, l’avocat Roland Dumas a encore du souffle à revendre. « Après avoir échoué à assurer la défense de Laurent Gbagbo en duo avec son confrère Jacques Vergès, décédé en 2013, l’ancien chef de la Diplomatie de François Mitterrand vient de soumettre une offre de service à Abdoulaye Wade », révèlent nos confrères. L’avocat français voulait simplement « défendre son fils Karim Wade, détenu à la Maison d’arrêt de Rebeuss à Dakar à la suite de son inculpation pour enrichissement illicite ». Mais, Roland Dumas a dû baver car, « après avoir directement sollicité l’ancienne Première Dame, Viviane Wade, pour obtenir un entretien, il s’est rendu, le 30 septembre à 17 heures, à la villa du couple Wade à Versailles. Il était accompagné de son ami Jean-Yves Goëau-Bris-sonnière. Ex-grand maître de la Grande loge de France (Gldf). Ce dernier a, par ailleurs, longtemps été le défenseur du ministère français des Affaires étrangères ».

Durant la rencontre, « Abdoulaye Wade s’est toutefois montré sceptique à l’idée de confier la défense de son fils à une nouvelle robe noire. D’autant qu’après avoir épuisé tous les recours judiciaires au Sénégal, Karim Wade, déjà conseillé par un collectif de ténors sénégalais et français dont le bâtonnier Pierre-Olivier Sur et Jean-René Farthouat, a entamé des démarches au niveau international ». Et le journal de s’interroger : « Roland Dumas a-t-il fait valoir ses réseaux politiques susceptibles d’intervenir pour convaincre Macky Sall de gracier l’ex-ministre ? ». Pour la Lettre du Continent, le mystère reste entier dans cette offre de Dumas non couronnée de succès. « Toujours est-il qu’Abdoulaye Wade a annulé un second rendez-vous prévu avec l’avocat français le 7 octobre », dit-il. Signe qu’il commence peut-être à comprendre ?

Groupe des libéraux et démocrates : Ousmane Ngom quitte le navire et devient non-inscrit

Le parti démocratique sénégalais fait face à une sorte de saignée qui ne dit pas son nom. Après que la crise entre réformateurs et partisans du statu-quo qui a été transporté à l’hémicycle à travers une guerre pour le contrôle du groupe parlementaire des libéraux et démocrates, le deputé Ousmane N’gom lâche ses frères libéraux.

Même si l’ancien ministre de l’Intérieur n’a pas annoncé son départ du PDS, dit « l’As », il a déposé une lettre dans laquelle il annonce sa démission du groupe parlementaire pour devenir un non inscrit. Il ne compte pas ainsi choisir son camp…

FRIQUE :: LE DÉBAT EST OUVERT SUR L’AVENIR DU FRANC CFA :: AFRICA

D’après Paris, les Etats africains sont libres de rester ou de sortir de la zone Franc. Qu’en pensent  les spécialistes ?

La réunion des ministres des Finances de la zone Franc vient de s’achever à Paris. Lors de la conférence de presse qui a clôturé les échanges vendredi, la question du franc CFA a été posée. Dans un contexte où des voix s’élèvent pour critiquer cette monnaie arrimée à l’euro, la sortie du ministre français des Finances et des Comptes publics est venue relancer le débat autour de ce sujet : « La zone Franc, ce n’est pas une zone figée, c’est une zone qui est dynamique. Et s’il y a de la part des uns et des autres au niveau académique ou politique des propositions d’évolutions, nous en discuterons tous ensemble avec cet esprit de respect et d’égalité », a confié Michel Sapin lundi au journal Afrique de RFI. La récente déclaration du président tchadien sur le sujet n’est pas restée sans effet.

« Le président Idriss Deby Itno n’a pas dit qu’il voulait quitter la coopération. Il a dit qu’il fallait à un moment donné adapter les choses au temps. Les pays africains sont indépendants. L’arrimage à telle ou telle monnaie dépend  des Etats. Ces Etats sont libres d’entrer ou de sortir », a déclaré à son tour Lucas Abaga Nchama, le gouverneur de la BEAC. Autre personne interrogée, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France. « Le fait que la zone franc procure un filet de sécurité financière, c’est un mécanisme de solidarité, de soutien. C’est aux pays africains effectivement de juger. Et jusqu’ici, ils ont jugé que c’était un bon mécanisme. Ce n’est pas quelque chose de figé, ça a beaucoup évolué au cours du temps », a-t-il déclaré.

Tiémoko Meylet Koné de la BCEAO s’est aussi exprimé sur le sujet : « Ce n’est pas une  camisole qui est portée par les Africains. Quand il y a des perspectives d’évolution, elles sont discutées et mises en œuvre. A chaque fois que le besoin se fait sentir, nous avons des discussions dans ce cadre et ça amène à bouger certains choses qui sont peut-être importantes pour l’opérationnalisation et la gestion quotidienne ».

Depuis 1945, la France garantit la parité du Franc CFA et sa convertibilité en échange du dépôt de 50 % des réserves de change des 16 pays africains concernés. Maintenant que le débat est relancé, quel devrait être la posture des Etats africains ? Que gagneraient-ils à revoir les termes de l’accord, puisqu’ils sont libres de le faire ? Le projet de monnaie unique africaine est-il réellement la solution ? CT a approché quelques économistes et experts financiers camerounais. Ils livrent ici leurs réflexions sur la question.

Boycott du réseau Orange : La toile s’enflamme, SONATEL sécurise le périmètre

Au Sénégal, plusieurs associations de consommateurs ont investi la toile soit pour défendre leurs intérêts, soit pour dénoncer ou apprécier la qualité de service offert par les différents prestataires de service, dans beaucoup de domaines.

Dans un contexte de grande concurrence, les opérateurs de téléphonie mobile que sont Tigo, Expresso et Orange ont multiplié au fil du temps leurs services, diversement appréciés par les abonnés.

Cependant, nombreux sont les consommateurs qui pensent être lésés par les services offerts par ces opérateurs. Et depuis un certain temps, des voix ce sont levées, des associations constituées sur internet afin de dénoncer les « abus » pour les uns, des arnaques pour les autres et certains allant jusqu’à organiser des journées de protestation ou « boycott » pour signaler leur mécontentement.

Et c’est Facebook qui le plus, sert de plateforme de contestation pour ces milliers de jeunes consommateurs. On note ainsi la création de plusieurs pages Facebook qui font office d’associations de consommateurs. Le but est souvent indiqué par le titre de la page, qui se veut un espace d’échange, un forum pour les membres, afin de discuter, se plaindre, informer, partager, conseiller etc.

La plus en vue, c’est la page « SI TOI AUSSI TU TE SENS ARNAQUE PAR ORANGE». Créée en 2012, cette page compte presque 40 MILLE membres. Les discussions s’animent tous les jours, pour dénoncer les services d’orange. Beaucoup de membres pensent être l’objet de « vols » récurrents ou du moins être lésés ou perdants dans la relation qui les lie avec l’opérateur Orange.

orangeEt tous les jours, le nombre d’inscrits augmente sur la page. « SI TOI AUSSI TU TE SENS ARNAQUE PAR ORANGE» est devenu la page de référence des consommateurs insatisfaits des services d’orange au Sénégal et même ailleurs.

Dans une démarche cette fois ci beaucoup plus radicale, d’autres pages ont été créées pour pousser les consommateurs à agir.

Avec déjà 11 mille participants, et 42 mille invités à peu près, la page « JOURNEE BOYCOTT ORANGE » entend organiser à partir du 1er jusqu’au 2 octobre 2015, une journée-manifestation contre orange et inciter ses abonnés à boycotter les services d’orange au Sénégal.

Le boycott du réseau de Orange commence à faire de l’effet. Dans les réseaux sociaux, des centaines d’abonnés d’Orange ont préféré migrer vers d’autres opérateurs. Il y en a même qui vont plus loin, car après avoir donné leurs nouveaux numéros, jettent tout simplement leur puce orange dans les toilettes, la rangent dans les tiroirs ou la font mâcher par les animaux domestiques (voir photo).

Selon ces internautes, Orange ne respecte pas ses abonnés et ils promettent de le lui faire sentir.
Prenant ces menaces au sérieux, trois camions remplis de gendarmes sont en faction devant le siège de la SONATEL sur la VDN pour quadriller et sécuriser la zone, prêts à faire face à d’éventuelles représailles.

Quel avenir pour la société civile  sénégalaise ?  

Depuis l’accession  du président Macky  à la tête de notre pays, nombre de figures emblématiques de la société civile ont dû rejoindre le camp du pouvoir à la faveur des circonstances. Mais au regard de la spécificité de cette élite  astreinte à rester autonome et distante de l’Etat, il urge  alors de poser la problématique  de l’avenir  de la société civile sénégalaise.

Des  indépendances à nos jours, la société civile a toujours joué le rôle qui est le sien en Afrique  bien qu’étant en formation. D’une manière générale, l’Etat  interventionniste  avait dû   étaler  ses limites dans sa tentative de prendre en charge les intérêts du peuple. Un peu partout, l’imagination créatrice des forces sociales s’en était retrouvée étouffée. Le discours politique n’avait plus  de prise sur le vécu du peuple. Ainsi, l’incapacité de la toute puissance publique à  développer le pays ne faisait plus l’ombre d’un doute. Et c’est dans ce contexte de crise généralisée des années 80 que la notion de société civile a connu une percée remarquable dans le monde. Les institutions financières internationales  vont à l’époque en croisade contre l’Etat-providence en décidant de ne plus concéder les financements de l’aide publique  aux Etats démunis   mais plutôt aux organisations de la société civile. Au sein du continent noir, la notion de société civile va surtout s’intéresser au processus de démocratisation et aux réformes en cours. Et au sénégal, elle va jouer un rôle de premier plan pour consolider les acquis démocratiques et servir de vigile aux intérêts du peuple. Ainsi, avec l’avènement du pouvoir de Me Wade, la société civile s’est parée d’éminentes figures emblématiques enrichies par l’épreuve du temps. Ces derniers vont d’ailleurs  jouer un rôle décisif dans la chute du régime libéral par le biais du M23. Mais avec le nouveau régime, la plupart de ces figures de proue  ont dû déposer leurs baluchons chez le président Macky Sall. Quand bien même, nul ne saurait leur dénier leur posture de citoyens disposés à servir leur pays par l’Etat car hors de la ruche, l’abeille devient une mouche. Cependant, leur changement de camp induit inexorablement un changement de discours. Et cet entrisme politique demeure incompatible au but attribué à la notion de société civile. Quel avenir pour la société civile sénégalaise, procède d’un questionnement qui laisse entrevoir une élite  complètement phagocytée par le pouvoir politique et dont il ne serait pas aisé de régénérer de sitôt par la relève.  Il faudra encore du temps au temps pour avoir une pareille élite qui porterait haut le flambeau  de la société civile sénégalaise.

Assane SEYE

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