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Afrique

Burundi : Pierre Nkurunziza limoge les ministres de la Défense et des Affaires étrangères

Après l’échec de la tentative de putsch contre lui et alors que les manifestations contre un troisième mandat reprennent progressivement à Bujumbura, le président Pierre Nkurunziza a procédé lundi à un remaniement de l’équipe gouvernementale.

Au lendemain de sa première réapparition en public après la tentative de coup d’État contre lui, le président burundais a procédé à un remaniement de son gouvernement. Trois ministres ont été limogés, dont les titulaires des portefeuilles de la Défense et des Affaires étrangères.

« Le ministre de la Défense Pontien Gaciyubwenge est remplacé par Emmanuel Ntahonvukiye, un civil », a annoncé le porte-parole de la présidence, Gervais Abayeho. C’est la première fois depuis une cinquantaine d’années qu’un civil occupe ce poste-clé au Burundi. M. Ntahonvukiye est un ancien magistrat qui a dirigé la Cour anti-corruption, et il est apolitique, selon la présidence.

Au ministère des Relations extérieures, Alain Aimé Nyamitwe, jusqu’ici ambassadeur du Burundi auprès de l’Union africaine (UA) succède à Laurent Kavakure. La ministre du Commerce, Virginie Ciza, est elle aussi remplacée, par Irina Inantore.

« Le président de la république a des pouvoirs que lui confère la Constitution, notamment de pouvoir changer l’équipe gouvernementale. Il estime que le moment est venu et que c’est un pouvoir discrétionnaire », a simplement commenté le porte-parole.

Mauvaise gestion des manifestations anti-Nkurunziza

Ce remaniement ministériel intervient alors que le Burundi est plongé dans une grave crise politique depuis fin avril, avec un mouvement de contestation populaire contre la candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat à l’élection présidentielle du 26 juin. Ces manifestations, sévèrement réprimées par la police, ont été émaillées de nombreuses violences qui ont fait une vingtaine de morts.

En milieu de semaine dernière, une tentative de coup d’Etat menée par un groupe d’officiers disant agir au nom du peuple mécontent a échoué. Les manifestations anti-Nkurunziza ont repris lundi à Bujumbura, gérées avec difficulté par l’armée qui a remplacé la police dans la rue.

Selon un haut-cadre du parti au pouvoir, s’exprimant sous couvert d’anonymat, le ministre de la Défense est victime de sa gestion des manifestations et des ordres qu’il a donné, lesquels semblaient contredire ceux du président. Le ministre des Relations extérieures, lui, n’a pas été jugé à la hauteur de sa têche. Il n’est pas parvenu à expliquer les questions de l’heure et à convaincre la communauté internationale du bienfondé d’un 3e mandat de Nkurunziza, a ajouté cette source. Quant à la ministre du Commerce, elle est limogée alors que le Burundi connait depuis trois mois une grosse pénurie de produits pétroliers.

(Avec AFP)

Mali : trois militaires maliens tués près de Tombouctou

Trois soldats maliens ont été tués lundi matin près de Tombouctou, lors d’une attaque menée par les rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad.

Selon des sources militaires concordantes, trois militaires maliens ont été tués lundi près de Tombouctou, dans le nord-ouest du Mali, lors d’une attaque perpétrée par des rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA).

Les trois militaires ont péri dans l’attaque lancée tôt lundi matin à Bambara Maoudé, à 100 kilomètres au sud de Tombouctou, alors qu’ils dormaient, a affirmé un officier malien. « Nous sommes sur les lieux, une délégation du gouvernorat de Tombouctou vient d’arriver à Bambara Maoudé pour constater les faits », a ajouté la même source, précisant que les assaillants étaient arrivés à bord de deux véhicules.

« Grave violation du cessez-le-feu »

Confirmant les faits, une source militaire africaine de la Minusma (la mission de l’ONU au Mali) a dénoncé « une grave violation du cessez-le-feu qui met en danger la paix ». Cette attaque intervient en effet trois jours après la signature d’un accord de paix par le gouvernement et la médiation internationale, mais sans la CMA.

« Il n’y a pas eu d’affrontements. C’est une attaque surprise, et les assaillants venaient très probablement de la localité de Ber », a indiqué la source militaire africaine. Aucune réaction officielle n’a pu être obtenue dans l’immédiat de la part de l’armée ni des porte-parole de la rébellion.

Vive inquiétude des habitants

Brahima Dicko, un enseignant de Bambara Maoudé, avait contacté dimanche l’AFP pour lui faire part d’une mobilisation des quelque 4 000 habitants de cette localité, depuis trois jours, contre le départ prévu de l’unité de l’armée chargée de la protéger.

« L’unité de l’armée doit quitter la localité aujourd’hui (dimanche) pour sécuriser un autre lieu et ne sera pas remplacée, avait-il expliqué. Il ne faut pas la population soit abandonnée, nous sommes très inquiets, c’est la psychose. »

(Avec AFP)

football: Mondial 2022 au Qatar : trois hauts dirigeants du football africain nommément accusés de corruption Lire l’article sur Jeuneafrique.com : Football | Mondial 2022 au Qatar : trois hauts dirigeants du football africain nommément accusés de corruption…

Au mois de juin 2014, le « Sunday Times » publiait une enquête dénonçant l’existence d’un système de pot de vin ayant conduit à l’attribution de la coupe du monde de football au Qatar. Trois hauts dirigeants sportifs africains sont désormais clairement cités par la principale accusatrice.

Un documentaire diffusé sur la chaine de télévision allemande ARD au début du mois de mai lève un peu plus le voile sur les accusations de corruption qui secouent la Fédération internationale de football association (Fifa). Phaedra Almajid, ancienne membre du comité de candidature de Qatar 2022 cite le nom de trois dirigeants du football africain qui auraient perçu des sommes d’argent pour soutenir la candidature du riche émirat du Golfe.

Sont indexés le tout puissant patron de la Confédération africaine de football (CAF), le Camerounais Issa Hayatou et deux autres grands noms du football continental, le Nigérian Amos Adamu et l’Ivoirien Jacques Anouma.

1,5 million de dollars

Chacune de ces personnalités aurait touché la coquette somme de 1,5 million de dollars censée représenter un « encouragement » financier pour leur fédération.

L’ancienne responsable de la communication du comité de candidature du Qatar assurait déjà en 2014 que la scène se serait déroulée dans un hôtel en Angola en 2010. Elle n’avait à l’époque nommé personne. Elle avait néanmoins décrit la scène dans une interview à France Football : « Une personne indique que les Qataris sont ravis de la présence d’un haut dirigeant du foot africain et qu’ils souhaitent faire bénéficier sa fédération d’un don d’un million de dollars ». Et de poursuivre : « Ce monsieur répond, sans même un regard pour le Qatari : Ah, un million de dollars… Pourquoi pas un million et demi de dollars ? » Le Qatari aurait ensuite demandé s’il pouvait compter sur son soutien. L’intéressé lui aurait assuré que c’était le cas.

Les mis en cause n’ont pour l’heure par réagi à cette charge.

jeuneafrique.com

Égypte : l’ex-président Mohamed Morsi condamné à mort!

L’ex-président Mohamed Morsi a été condamné à mort, ce samedi. Le président destitué en 2013 par l’armée était jugé pour des évasions de prison et des violences durant la révolte de 2011.

Il avait déjà été condamné à 20 ans de prison en avril dernier pour avoir été impliqué dans l’arrestation et des tortures sur des manifestants durant son mandat.

L’accord du grand mufti

Une centaine d’autres accusés, dont des dirigeants éminents de sa confrérie des Frères musulmans, ont également écopé de la peine capitale qui doit, pour tous les accusés, recueillir l’avis, non contraignant, du mufti d’Egypte avant d’être confirmée ou infirmée.

Mohamed Morsi avait été renversé par l’armée le 3 juillet 2013 après des manifestations énormes dans tout le pays et pendant lesquelles plusieurs avaient trouvé la mort.

AFP

Madagascar : Lalao Ravalomanana candidate à la mairie d’Antananarivo

5300718-7909601A Madagascar, l’épouse de l’ancien président Marc Ravalomanana se lance dans la course des communales qui auront lieu le 31 juillet prochain. Lalao Ravalomanana sera candidate à la mairie d’Antananarivo. La bataille pour la mairie de la capitale est un moment important avant l’élection présidentielle de 2018. L’épouse de l’ex-président a déposé son dossier vendredi, dernier jour de dépôt des candidatures. Dans tout le pays, près de 5 300 listes de candidats ont été enregistrées pour les 1 700 communes.

Lalao Ravalomanana est accueillie par quelques partisans. Elle va déposer son dossier de candidature aux élections communales du 31 juillet prochain, souriante mais silencieuse. Elle est accompagnée de son mari Marc Ravalomanana. « C’est ma femme qui se porte candidate », rappelle-t-il.

RFI : « Et vous, quel sera votre rôle ? » Réponse de l’ex-président malgache : « Supporter ma femme. »

Lalao Ravalomanana, 62 ans, n’a jamais exercé de mandat politique. En 2013 alors que son mari était toujours en exil en Afrique du Sud, elle avait tenté de se présenter à la présidentielle, mais son dossier avait été rejeté. Aujourd’hui, une fois encore, elle est propulsée sur le devant de la scène.

Son mari est toujours sous le coup d’une condamnation dans l’affaire de la fusillade du 7 février 2009 contre des manifestants. « Jusqu’à présent, on ne sait pas ce qu’il en est du dossier dans lequel le président Ravalomanana a été poursuivi. Donc, est-ce que son casier judiciaire est vierge ou pas ? On ne sait pas », explique Mamy Rakotoarivelo, secrétaire général du parti TIM [le parti de Marc Ravalomanana, ndlr].

Parmi les autres candidats, Hery Rafalimanana sera soutenu par le parti présidentiel, le HVM. Déjà candidat dans la capitale en 2007, il avait alors été battu par Andry Rajoelina. Andry Rajoelina cette année n’aura pas de candidat à Antananarivo. Sa formation dénonce des irrégularités. Néanmoins, les pro-Rajoelina et leurs alliés participeront bien au scrutin partout ailleurs dans le pays.

Afrique: «l’émergence n’est ni un plan, ni un produit»

Alioune Sall est un des grands noms de la prospective en Afrique. En Afrique du Sud, où il est le directeur exécutif de l’Institut des futurs africains, un think tank panafricain qu’il a fondé en 2003 à Pretoria, ce docteur en sociologie de 64 ans appuie en tant qu’expert les programmes de prospective lancés sur le continent, de la Zambie au Togo. Son principal ouvrage, «Africa 2025: What Possible Futures for Sub-Saharan Africa?», (Unisa Press, Pretoria, 2003), préfacé par Thabo Mbeki, successeur de Nelson Mandela à la présidence de l’Afrique du Sud.

Pourquoi avoir quitté le PNUD, le programme des Nations unies pour le développement, pour lancer un think tank à Pretoria ?
Après avoir dirigé de 1997 à 2003 à Abidjan un projet régional du PNUD d’appui aux pays souhaitant se lancer dans la prospective, cofinancé par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, la BAD, qui étaient censées être partenaires, j’ai pensé qu’il serait utile de pérenniser la démarche hors des institutions… Je cherchais à ne pas être victime des effets de mode en cours dans les agences de développement. Je sentais venir d’autres « flavor of the day » [« goûts du jour », ndlr]. Il me semblait aussi que l’Afrique devait avoir une capacité d’anticipation et de prospective qui lui soit propre. Avec le PNUD, sans lui ou contre lui si nécessaire.

Pourquoi « contre le PNUD si nécessaire » ?
Le think tank s’est construit sur les actifs intellectuels du projet régional du PNUD, au départ très axé sur l’économie. En créant l’Institut des futurs africains, j’ai voulu explorer des champs plus larges, aussi bien dans la culture que dans l’environnement, la technologie, la politique et les aspects sociaux. L’objectif est de tenter de comprendre les dynamiques de transformation à l’œuvre, en repérant les invariants, les facteurs de changement, les acteurs, leurs stratégies et les incertitudes qui y sont liées. Ensuite, on construit des scénarii pour identifier les « familles » d’avenir possibles.

Combien d’employés avez-vous à Pretoria ?
Sept permanents, mais notre institut se trouve au cœur d’un réseau panafricain de plus de 2000 experts qui se préoccupent d’économie, de démographie, de sociologie, de politique, de géographie et de statistique. Nous formons des cadres dans tous les pays où nous intervenons. L’Institut sert de support à ce réseau et fonctionne comme un secrétariat sans bureaucratie pérenne. Les cadres que nous formons ne sont pas seulement gouvernementaux. Ils appartiennent aussi à la société civile et au secteur privé. Car la nation, c’est plus que le gouvernement !

Que peut-on attendre de la prospective ?
La démarche entraîne un débat d’où peut naître un appétit pour le futur et la volonté de sortir de la dictature de l’urgence qui a longtemps servi de planification au développement. Quel est notre projet ? Nous agissons tous en fonction de projets ou de représentations de l’avenir, qui sont rarement formulés de façon explicite et mis sur la table pour faire débat. Notre objectif, au final, est de participer à la démocratisation des sociétés africaines, en proposant des lectures du présent et des dynamiques par lesquelles nous en sommes arrivés là. Nous allons au-delà de la photographie, de l’instantané que produisent les rapports annuels de nombreuses institutions, pour comprendre le mouvement de fond qui produit les vagues, derrière l’écume des flots. La prospective, c’est se demander ce qui change et ce qui va changer, en pointant les acteurs possibles du changement. Et surtout, en espérant qu’il en sortira quelque chose !

Quels scenarii avez-vous élaboré et qui se sont par la suite confirmés ? Aviez-vous vu venir la crise au Mali, par exemple ?

Nous avions vu venir le coup d’Etat de 1999 en Côte d’Ivoire, quatre ans avant qu’il ne se produise, dans un scénario pessimiste intitulé Le suicide du scorpion. Les autorités de l’époque avaient pris notre scénario le plus optimiste pour en faire leur programme, sans prendre en compte nos hypothèses plus sombres, qui se sont réalisées. En Guinée-Bissau, nous avions aussi vu venir le putsch, dans un scénario pessimiste intitulé Il n’y a pas de solution. Au Mali, la crise de l’Etat et l’incapacité de l’Etat à créer une Nation était déjà évidente dès les années 2 000. Des scenarii élaborés dès la fin des années 1990 dans le cadre de « Mali 2025 » avaient vu la possible propagation d’une idéologie séparatiste, qui irait jusqu’à voir le nord du pays prendre ses distances – voire son indépendance.

Vos conclusions ont-elles eu un effet quelconque ?
Les signes avant-coureurs de crises n’ont pas été suffisamment pris en compte. Dans ces trois exemples, si l’on avait fait un usage plus intelligent de la prospective, on aurait vu que les conditions menant aux scenarii possibles étaient déjà réunies, pour se donner les moyens de les écarter ou de les surmonter. En Côte d’Ivoire, nous avions montré dans notre pire scénario qu’une crise interne de gouvernance susceptible de se produire lors d’un choc externe de baisse des cours du café et du cacao pouvait avoir de graves conséquences. C’est ce qui s’est produit, et les responsables ivoiriens n’avaient pas les leviers de décision sur les cours des matières premières, mais ils les avaient en matière de gouvernance. Dans le cas du Mali comme de la Côte d’Ivoire, les deux variables importantes portaient sur le projet de construction d’une nation et d’un Etat. Dans les deux cas, les échecs étaient flagrants. Les Etats postcoloniaux n’ont jamais su gérer une nation. Héritiers d’une tradition jacobine française, ils ne savent ni gérer la diversité ni quelle place accorder à des acteurs non étatiques.

Que pensez-vous des plans « d’émergence » qui fleurissent un peu partout, alors que les infrastructures de base ne sont pas toujours existantes ?
Les plans d’émergence sont élaborés par des leaders qui sont en fait des dealers. Ils vendent des projets ! L’émergence n’est ni un plan, ni un produit que l’on va vendre pour trouver des financements, mais un processus de transformation de l’économie, de la société et de la culture. On ne peut pas assigner à l’émergence un horizon temporel précis. Nulle part les choses ne se sont déroulées ainsi.

Quid de l’agenda « Afrique 2063 », élaboré en 2013 par l’Union africaine ?
Je suis assez réservé sur cet agenda. A mon sens, il est timoré dans la mesure où il propose un scénario normatif sans avoir assez exploré les autres alternatives. Il repose sur une hypothèse des plus contestables, qui relève d’une forme de paresse, voire de couardise intellectuelle. Il part en effet du principe que la globalisation est bénéfique à l’Afrique et que l’avenir n’est garanti que si l’Afrique s’insère plus dans l’économie mondiale. Or, rien ne nous garantit que la globalisation dure cinquante ans encore, sous une seule forme qui serait tirée par la finance et la technologie. D’autres formes de globalisation sont négociées aujourd’hui, entraînées par les peuples et des projets de société.

Quels sont les modèles de développement à suivre en Afrique ? L’île Maurice, le Rwanda, le Botswana ?
Je suis toujours réticent à citer des pays comme modèles. Chaque expérience n’est qu’une tentative et ne se présente pas comme un modèle à suivre, pas plus en Afrique qu’ailleurs dans le monde. Que vaut l’exemplarité d’un pays qui passe pour un modèle, où le même parti est au pouvoir depuis 50 ans, où il n’y a pas eu d’alternance démocratique et où un fils d’un chef est président, après avoir été général et chef de son parti ?

Propos recueillis par Sabine Cessou.

Institut des futurs africains, « African Futures Institute » (AFI).

Africa 2025: What Possible Futures for Sub-Saharan Africa?
, par Alioune Sall et Thabo Mbeki. Pretoria, Unisa Press, juillet 1998.

Mali: signature de l’accord de paix, sans les principaux groupes rebelles

Des représentants du gouvernement malien, de mouvements armés et de la médiation internationale ont signé vendredi après-midi à Bamako l’accord de paix conclu à Alger, en l’absence cependant des principaux groupes de la rébellion à dominante touareg.

Le document a été signé par le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, trois représentants de groupes pro-gouvernementaux, ainsi que deux membres de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, rébellion).

Mais les trois principaux groupes rebelles, Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) et branche rebelle du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) n’assistaient pas à la signature, comme annoncé.

L’accord a par ailleurs été signé par des représentants de plusieurs pays et organisations au nom de la médiation internationale : Algérie, Burkina Faso, Mauritanie, Niger, Nigeria, Tchad, Union africaine (UA), ONU, Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), Organisation de la coopération islamique (OCI), Union européenne et France.

La cérémonie, qui a débuté avec une heure et demie de retard sur l’horaire annoncé, a rassemblé autour du président malien Ibrahim Boubacar Keïta une dizaine de ses homologues africains. Parmi eux, le Zimbabwéen Robert Mugabe, par ailleurs président en exercice de l’UA, qui a longuement été applaudi par l’assistance, ainsi que le Nigérian Goodluck Jonathan, le Ghanéen John Dramani Mahama et le Rwandais Paul Kagame. Etaient également présents des chefs de gouvernement et représentants de plusieurs autres pays, ainsi que les ex-présidents maliens Moussa Traoré et Dioncounda Traoré.

La paix pour le nord du Mali ?

L’accord vise à instaurer une paix durable dans le nord du Mali, qui a connu une série de rébellions touareg depuis les premières années d’indépendance du pays, en 1960. En 2012, il a été transformé en sanctuaire et en base d’opérations jihadiste, jusqu’au lancement de l’opération militaire française Serval en janvier 2013.

Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a tenu à souligner l’importance de ce moment malgré tout le travail qui reste à accomplir : « Nous avons bon espoir que cette cérémonie d’aujourd’hui nous amènera vers cet objectif que le président de la République du Mali a assigné à cette action de la communauté internationale et nous sommes conscients que les responsabilités qui échoient à la médiation seront assumées pleinement par tous les membres de la communauté internationale réunis au sein de ces deux structures, a-t-il déclaré. J’aurais un dernier mot pour les populations du Nord. Nous les appelons à se joindre massivement à ce sursaut collectif de la nation malienne et à ce sursaut collectif de la communauté internationale en leur disant simplement : mettez fin à l’effusion de sang, retrouvez-vous dans ce magnifique élan pour la construction de la République du Mali de demain. »

L’accord paraphé par la CMA, mais pas signé

Le texte avait été paraphé par le gouvernement malien et ses alliés le 1er mars à Alger, après huit mois d’intenses négociations. La CMA l’a paraphé jeudi, au bout de deux mois et demi de pressions et d’atermoiements, après avoir prévenu qu’elle ne viendrait pas le signer vendredi à Bamako. Mais, deux représentants de groupes de la CMA sont venus apposer leur signature au bas du document: Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun de la Coalition du peuple pour l’Azawad (CPA) et Younoussa Touré, de la Coordination des Mouvements et fronts patriotiques de résistance (CM-FPR2). Dans un communiqué diffusé dans l’après-midi, la CPA a annoncé avoir suspendu M. Ag Mohamedoun en raison de sa présence à la cérémonie de signature.

Au moment de la signature, preuve que la paix restait une perspective lointaine, sur le terrain, des affrontements opposaient des groupes pro-gouvernementaux aux rebelles près de Ménaka (nord-est), selon une source militaire au sein de la Minusma et la Coordination des mouvements de l’Azawad sans autre détail.

Hervé Ladsous, chargé des opérations de maintien de la Paix aux Nations unies a rappelé qu’il était impératif que l’ensemble des belligérants signataires ou pas de l’accord respectent les accords de cessez-le-feu et renoncent à la violence : « J’appelle toutes les parties à rétablir le cessez-le-feu immédiatement et à reprendre le dialogue pour le consolider, a-t-il insisté. Je regrette qu’une des parties au conflit, qui a paraphé l’accord [jeudi] à Alger, ne soit néanmoins pas présente aujourd’hui. Nous avons confiance dans le fait que les parties restantes se rallieront bientôt à cette paix afin que le Mali puisse renouer enfin avec la stabilité politique et le développement économique et social. Afin que ce premier pas nous mène à l’établissement d’une paix durable, il nous semble que quatre notions vont devoir gouverner les prochaines étapes : le dialogue doit continuer avec les groupes qui ne sont pas ici aujourd’hui, la possibilité qu’ils signent l’accord de paix à une date ultérieure doit rester ouverte et le fait que seules certaines des parties aient signé l’accord de paix aujourd’hui ne peut en aucun cas servir de prétexte à la reprise d’opérations militaires contre les non-signataires. »

La cérémonie a été maintenue contre vents et marées par Bamako et la médiation internationale conduite par l’Algérie malgré les violations répétées du cessez-le-feu depuis deux semaines

par rfi

Sénégal: Me Ibrahima Diawara: Hissène Habré n’assistera pas à son procès

Hissène Habré sera bientôt jugé. L’ancien président du Tchad comparaît le 20 juillet prochain devant le tribunal des Chambres africaines extraordinaires au Sénégal. Il devra répondre des accusations de « crimes contre l’humanité, torture et crimes de guerre » pendant l’exercice de son régime de 1982 à 1990. Maître Ibrahima Diawara, avocat de l’accusé, a cependant confirmé que son client n’assistera pas au procès.

http://www.rfi.fr/afrique/20150516-me-ibrahima-diawara-hissene-habre-assistera-pas-proces-tchad-senegal/#

 

Burundi: le président Pierre Nkurunziza s’adresse à la nation

Le chef de l’Etat Pierre Nkurunziza, arrivé à Bujumbura ce vendredi 15 mai, a réintégré le palais présidentiel, deux jours après l’échec du coup d’Etat qui visait à le destituer. Il s’est adressé à la nation dans la soirée dans un discours enregistré diffusé à la radio et à la télévision.

Le président Pierre Nkurunziza remercie les forces de sécurité et défense pour leur « efficacité » à « stopper » le putsch : « A l’occasion de ce jour mémorable, nous voulons remercier du fond du coeur les corps de défense et de sécurité pour l’efficacité et la rapidité dont ils ont fait preuve pour stopper le projet macabre de détruire les institutions démocratiquement élues ».

Et ce projet qui a provoqué des pertes immenses, dit Pierre Nkurunziza, aurait été préparé de longue date, « probablement depuis l’année passée, et même avant », renchérit-il.

Il fait aussi le lien entre les manifestants anti-troisième mandat et les putschistes : « Il est évident que les soulèvements en cours sont liés au groupe qui voulait renverser les institutions », référence à la tentative de putsch de Godefroid Niyombaré. Et ajoute Pierre Nkurunziza, ils seraient « liés au groupe qui a attaqué le Burundi dans la province de Cibitoke vers la fin de l’année passée en provenance de la RDC ».

Cette attaque fin décembre / début janvier d’un groupe armé officiellement encore non identifié par les autorités burundaises avait été violemment réprimée. C’est ce qu’avaient affirmé des organisations de défense des droits de l’homme.

Dans ce discours, Pierre Nkurunziza appelle une nouvelle fois à l’arrêt immédiat des manifestations qu’il qualifie toujours de « soulèvement ». « Que ceux qui ont des doléances à présenter passent par la voie du dialogue et de la concertation, et non par la voie de la violence », insiste le président burundais. « Consolidons la paix et la sécurité, demande Pierre Nkurunziza, ajoutant, allons aux élections dans la sérénité comme les pays de la région et la communauté internationale le recommandent ».

Le chef de l’Etat annonce également la réouverture des frontières du pays : « Nous annonçons à la population et la communauté internationale que toutes les frontières du pays sont ouvertes et sont sous bonne garde et que la vie est redevenue normale ».

Sénégal: Amsatou Sow Sidibé déplore les politiques de jeunesse des Etats africains

Amsatou-sow-sidibé-620x330« Une bonne politique de jeunesse par les Etats africains est la meilleure solution pour freiner l’expatriation clandestine ». C’est la conviction du ministre conseiller Amsatou Sow Sidibé, qui se prononçait lors d’un  forum sur ce phénomène social qui a causé des tragédies collectives chez les jeunes africains.

Le ministre conseiller, le Pr Amsatou Sow Sidibé, a invité les leaders des Etats africains à revoir leur politique de jeunesse. Selon elle, les gouvernants africains sont, en grande partie, responsables des départs massifs  qui ont entrainé des  drames.

Selon elle, ce sont les politiques africaines qui sont en cause. « Notre système éducatif, économique et notre politique d’emploi n’ont pas permis de solutionner le chômage… En Afrique, nous constatons qu’il y a échec dans à la prise en charge des jeunes », a regretté le Pr Sidibé.

Le forum sur l’émigration clandestine a été initié par le Réseau Dialogue, Sécurité Paix en Afrique. Des responsables politiques et coutumiers sont venus « dire non » à l’immigration clandestine. Selon, la Représentante de l’Organisation internationale pour l’Emigration (OIM) plus de 1750 migrants clandestins ont été recensés depuis le début de l’année.

Elle a déploré le silence des institutions sous-régionales et régionales africaines, en référence de la rencontre tenue par l’Union européenne, juste après le dernier chavirement d’une pirogue en mer Méditerranée. « Ça n’a pas été le cas pour les dirigeants des pays africains », s’est-elle désolée.

Cependant, a affirmé que cette responsabilité n’est pas exclusive aux Etats africains et que la communauté internationale est aussi concernée. « La mondialisation est aujourd’hui un échec. Elle ne traduit pas une solidarité agissante. Elle piétine ses propres règles d’organisation », a constaté Pr Amsatou Sidibé.

Mme Sow Sidibé a aussi interpellé les familles des émigrants, aussi responsables que les passeurs sur le sort de leurs enfants.  Des parents encouragent et financent même, pour certains, le départ de leurs progénitures vers l’Europe, dans des embarcations de fortunes.

Le phénomène a débuté dans les années 2000, avec des vagues de départs de jeunes africains par la mer. Il a recommencé récemment avec un corolaire de chavirements transformant la Méditerranée en cimetière ouvert pour beaucoup de candidats au voyage incertain.

Babacar  FALL

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