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football: Mondial 2022 au Qatar : trois hauts dirigeants du football africain nommément accusés de corruption Lire l’article sur Jeuneafrique.com : Football | Mondial 2022 au Qatar : trois hauts dirigeants du football africain nommément accusés de corruption…

Au mois de juin 2014, le « Sunday Times » publiait une enquête dénonçant l’existence d’un système de pot de vin ayant conduit à l’attribution de la coupe du monde de football au Qatar. Trois hauts dirigeants sportifs africains sont désormais clairement cités par la principale accusatrice.

Un documentaire diffusé sur la chaine de télévision allemande ARD au début du mois de mai lève un peu plus le voile sur les accusations de corruption qui secouent la Fédération internationale de football association (Fifa). Phaedra Almajid, ancienne membre du comité de candidature de Qatar 2022 cite le nom de trois dirigeants du football africain qui auraient perçu des sommes d’argent pour soutenir la candidature du riche émirat du Golfe.

Sont indexés le tout puissant patron de la Confédération africaine de football (CAF), le Camerounais Issa Hayatou et deux autres grands noms du football continental, le Nigérian Amos Adamu et l’Ivoirien Jacques Anouma.

1,5 million de dollars

Chacune de ces personnalités aurait touché la coquette somme de 1,5 million de dollars censée représenter un « encouragement » financier pour leur fédération.

L’ancienne responsable de la communication du comité de candidature du Qatar assurait déjà en 2014 que la scène se serait déroulée dans un hôtel en Angola en 2010. Elle n’avait à l’époque nommé personne. Elle avait néanmoins décrit la scène dans une interview à France Football : « Une personne indique que les Qataris sont ravis de la présence d’un haut dirigeant du foot africain et qu’ils souhaitent faire bénéficier sa fédération d’un don d’un million de dollars ». Et de poursuivre : « Ce monsieur répond, sans même un regard pour le Qatari : Ah, un million de dollars… Pourquoi pas un million et demi de dollars ? » Le Qatari aurait ensuite demandé s’il pouvait compter sur son soutien. L’intéressé lui aurait assuré que c’était le cas.

Les mis en cause n’ont pour l’heure par réagi à cette charge.

jeuneafrique.com

Égypte : l’ex-président Mohamed Morsi condamné à mort!

L’ex-président Mohamed Morsi a été condamné à mort, ce samedi. Le président destitué en 2013 par l’armée était jugé pour des évasions de prison et des violences durant la révolte de 2011.

Il avait déjà été condamné à 20 ans de prison en avril dernier pour avoir été impliqué dans l’arrestation et des tortures sur des manifestants durant son mandat.

L’accord du grand mufti

Une centaine d’autres accusés, dont des dirigeants éminents de sa confrérie des Frères musulmans, ont également écopé de la peine capitale qui doit, pour tous les accusés, recueillir l’avis, non contraignant, du mufti d’Egypte avant d’être confirmée ou infirmée.

Mohamed Morsi avait été renversé par l’armée le 3 juillet 2013 après des manifestations énormes dans tout le pays et pendant lesquelles plusieurs avaient trouvé la mort.

AFP

Madagascar : Lalao Ravalomanana candidate à la mairie d’Antananarivo

5300718-7909601A Madagascar, l’épouse de l’ancien président Marc Ravalomanana se lance dans la course des communales qui auront lieu le 31 juillet prochain. Lalao Ravalomanana sera candidate à la mairie d’Antananarivo. La bataille pour la mairie de la capitale est un moment important avant l’élection présidentielle de 2018. L’épouse de l’ex-président a déposé son dossier vendredi, dernier jour de dépôt des candidatures. Dans tout le pays, près de 5 300 listes de candidats ont été enregistrées pour les 1 700 communes.

Lalao Ravalomanana est accueillie par quelques partisans. Elle va déposer son dossier de candidature aux élections communales du 31 juillet prochain, souriante mais silencieuse. Elle est accompagnée de son mari Marc Ravalomanana. « C’est ma femme qui se porte candidate », rappelle-t-il.

RFI : « Et vous, quel sera votre rôle ? » Réponse de l’ex-président malgache : « Supporter ma femme. »

Lalao Ravalomanana, 62 ans, n’a jamais exercé de mandat politique. En 2013 alors que son mari était toujours en exil en Afrique du Sud, elle avait tenté de se présenter à la présidentielle, mais son dossier avait été rejeté. Aujourd’hui, une fois encore, elle est propulsée sur le devant de la scène.

Son mari est toujours sous le coup d’une condamnation dans l’affaire de la fusillade du 7 février 2009 contre des manifestants. « Jusqu’à présent, on ne sait pas ce qu’il en est du dossier dans lequel le président Ravalomanana a été poursuivi. Donc, est-ce que son casier judiciaire est vierge ou pas ? On ne sait pas », explique Mamy Rakotoarivelo, secrétaire général du parti TIM [le parti de Marc Ravalomanana, ndlr].

Parmi les autres candidats, Hery Rafalimanana sera soutenu par le parti présidentiel, le HVM. Déjà candidat dans la capitale en 2007, il avait alors été battu par Andry Rajoelina. Andry Rajoelina cette année n’aura pas de candidat à Antananarivo. Sa formation dénonce des irrégularités. Néanmoins, les pro-Rajoelina et leurs alliés participeront bien au scrutin partout ailleurs dans le pays.

Afrique: «l’émergence n’est ni un plan, ni un produit»

Alioune Sall est un des grands noms de la prospective en Afrique. En Afrique du Sud, où il est le directeur exécutif de l’Institut des futurs africains, un think tank panafricain qu’il a fondé en 2003 à Pretoria, ce docteur en sociologie de 64 ans appuie en tant qu’expert les programmes de prospective lancés sur le continent, de la Zambie au Togo. Son principal ouvrage, «Africa 2025: What Possible Futures for Sub-Saharan Africa?», (Unisa Press, Pretoria, 2003), préfacé par Thabo Mbeki, successeur de Nelson Mandela à la présidence de l’Afrique du Sud.

Pourquoi avoir quitté le PNUD, le programme des Nations unies pour le développement, pour lancer un think tank à Pretoria ?
Après avoir dirigé de 1997 à 2003 à Abidjan un projet régional du PNUD d’appui aux pays souhaitant se lancer dans la prospective, cofinancé par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, la BAD, qui étaient censées être partenaires, j’ai pensé qu’il serait utile de pérenniser la démarche hors des institutions… Je cherchais à ne pas être victime des effets de mode en cours dans les agences de développement. Je sentais venir d’autres « flavor of the day » [« goûts du jour », ndlr]. Il me semblait aussi que l’Afrique devait avoir une capacité d’anticipation et de prospective qui lui soit propre. Avec le PNUD, sans lui ou contre lui si nécessaire.

Pourquoi « contre le PNUD si nécessaire » ?
Le think tank s’est construit sur les actifs intellectuels du projet régional du PNUD, au départ très axé sur l’économie. En créant l’Institut des futurs africains, j’ai voulu explorer des champs plus larges, aussi bien dans la culture que dans l’environnement, la technologie, la politique et les aspects sociaux. L’objectif est de tenter de comprendre les dynamiques de transformation à l’œuvre, en repérant les invariants, les facteurs de changement, les acteurs, leurs stratégies et les incertitudes qui y sont liées. Ensuite, on construit des scénarii pour identifier les « familles » d’avenir possibles.

Combien d’employés avez-vous à Pretoria ?
Sept permanents, mais notre institut se trouve au cœur d’un réseau panafricain de plus de 2000 experts qui se préoccupent d’économie, de démographie, de sociologie, de politique, de géographie et de statistique. Nous formons des cadres dans tous les pays où nous intervenons. L’Institut sert de support à ce réseau et fonctionne comme un secrétariat sans bureaucratie pérenne. Les cadres que nous formons ne sont pas seulement gouvernementaux. Ils appartiennent aussi à la société civile et au secteur privé. Car la nation, c’est plus que le gouvernement !

Que peut-on attendre de la prospective ?
La démarche entraîne un débat d’où peut naître un appétit pour le futur et la volonté de sortir de la dictature de l’urgence qui a longtemps servi de planification au développement. Quel est notre projet ? Nous agissons tous en fonction de projets ou de représentations de l’avenir, qui sont rarement formulés de façon explicite et mis sur la table pour faire débat. Notre objectif, au final, est de participer à la démocratisation des sociétés africaines, en proposant des lectures du présent et des dynamiques par lesquelles nous en sommes arrivés là. Nous allons au-delà de la photographie, de l’instantané que produisent les rapports annuels de nombreuses institutions, pour comprendre le mouvement de fond qui produit les vagues, derrière l’écume des flots. La prospective, c’est se demander ce qui change et ce qui va changer, en pointant les acteurs possibles du changement. Et surtout, en espérant qu’il en sortira quelque chose !

Quels scenarii avez-vous élaboré et qui se sont par la suite confirmés ? Aviez-vous vu venir la crise au Mali, par exemple ?

Nous avions vu venir le coup d’Etat de 1999 en Côte d’Ivoire, quatre ans avant qu’il ne se produise, dans un scénario pessimiste intitulé Le suicide du scorpion. Les autorités de l’époque avaient pris notre scénario le plus optimiste pour en faire leur programme, sans prendre en compte nos hypothèses plus sombres, qui se sont réalisées. En Guinée-Bissau, nous avions aussi vu venir le putsch, dans un scénario pessimiste intitulé Il n’y a pas de solution. Au Mali, la crise de l’Etat et l’incapacité de l’Etat à créer une Nation était déjà évidente dès les années 2 000. Des scenarii élaborés dès la fin des années 1990 dans le cadre de « Mali 2025 » avaient vu la possible propagation d’une idéologie séparatiste, qui irait jusqu’à voir le nord du pays prendre ses distances – voire son indépendance.

Vos conclusions ont-elles eu un effet quelconque ?
Les signes avant-coureurs de crises n’ont pas été suffisamment pris en compte. Dans ces trois exemples, si l’on avait fait un usage plus intelligent de la prospective, on aurait vu que les conditions menant aux scenarii possibles étaient déjà réunies, pour se donner les moyens de les écarter ou de les surmonter. En Côte d’Ivoire, nous avions montré dans notre pire scénario qu’une crise interne de gouvernance susceptible de se produire lors d’un choc externe de baisse des cours du café et du cacao pouvait avoir de graves conséquences. C’est ce qui s’est produit, et les responsables ivoiriens n’avaient pas les leviers de décision sur les cours des matières premières, mais ils les avaient en matière de gouvernance. Dans le cas du Mali comme de la Côte d’Ivoire, les deux variables importantes portaient sur le projet de construction d’une nation et d’un Etat. Dans les deux cas, les échecs étaient flagrants. Les Etats postcoloniaux n’ont jamais su gérer une nation. Héritiers d’une tradition jacobine française, ils ne savent ni gérer la diversité ni quelle place accorder à des acteurs non étatiques.

Que pensez-vous des plans « d’émergence » qui fleurissent un peu partout, alors que les infrastructures de base ne sont pas toujours existantes ?
Les plans d’émergence sont élaborés par des leaders qui sont en fait des dealers. Ils vendent des projets ! L’émergence n’est ni un plan, ni un produit que l’on va vendre pour trouver des financements, mais un processus de transformation de l’économie, de la société et de la culture. On ne peut pas assigner à l’émergence un horizon temporel précis. Nulle part les choses ne se sont déroulées ainsi.

Quid de l’agenda « Afrique 2063 », élaboré en 2013 par l’Union africaine ?
Je suis assez réservé sur cet agenda. A mon sens, il est timoré dans la mesure où il propose un scénario normatif sans avoir assez exploré les autres alternatives. Il repose sur une hypothèse des plus contestables, qui relève d’une forme de paresse, voire de couardise intellectuelle. Il part en effet du principe que la globalisation est bénéfique à l’Afrique et que l’avenir n’est garanti que si l’Afrique s’insère plus dans l’économie mondiale. Or, rien ne nous garantit que la globalisation dure cinquante ans encore, sous une seule forme qui serait tirée par la finance et la technologie. D’autres formes de globalisation sont négociées aujourd’hui, entraînées par les peuples et des projets de société.

Quels sont les modèles de développement à suivre en Afrique ? L’île Maurice, le Rwanda, le Botswana ?
Je suis toujours réticent à citer des pays comme modèles. Chaque expérience n’est qu’une tentative et ne se présente pas comme un modèle à suivre, pas plus en Afrique qu’ailleurs dans le monde. Que vaut l’exemplarité d’un pays qui passe pour un modèle, où le même parti est au pouvoir depuis 50 ans, où il n’y a pas eu d’alternance démocratique et où un fils d’un chef est président, après avoir été général et chef de son parti ?

Propos recueillis par Sabine Cessou.

Institut des futurs africains, « African Futures Institute » (AFI).

Africa 2025: What Possible Futures for Sub-Saharan Africa?
, par Alioune Sall et Thabo Mbeki. Pretoria, Unisa Press, juillet 1998.

Mali: signature de l’accord de paix, sans les principaux groupes rebelles

Des représentants du gouvernement malien, de mouvements armés et de la médiation internationale ont signé vendredi après-midi à Bamako l’accord de paix conclu à Alger, en l’absence cependant des principaux groupes de la rébellion à dominante touareg.

Le document a été signé par le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, trois représentants de groupes pro-gouvernementaux, ainsi que deux membres de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, rébellion).

Mais les trois principaux groupes rebelles, Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) et branche rebelle du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) n’assistaient pas à la signature, comme annoncé.

L’accord a par ailleurs été signé par des représentants de plusieurs pays et organisations au nom de la médiation internationale : Algérie, Burkina Faso, Mauritanie, Niger, Nigeria, Tchad, Union africaine (UA), ONU, Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), Organisation de la coopération islamique (OCI), Union européenne et France.

La cérémonie, qui a débuté avec une heure et demie de retard sur l’horaire annoncé, a rassemblé autour du président malien Ibrahim Boubacar Keïta une dizaine de ses homologues africains. Parmi eux, le Zimbabwéen Robert Mugabe, par ailleurs président en exercice de l’UA, qui a longuement été applaudi par l’assistance, ainsi que le Nigérian Goodluck Jonathan, le Ghanéen John Dramani Mahama et le Rwandais Paul Kagame. Etaient également présents des chefs de gouvernement et représentants de plusieurs autres pays, ainsi que les ex-présidents maliens Moussa Traoré et Dioncounda Traoré.

La paix pour le nord du Mali ?

L’accord vise à instaurer une paix durable dans le nord du Mali, qui a connu une série de rébellions touareg depuis les premières années d’indépendance du pays, en 1960. En 2012, il a été transformé en sanctuaire et en base d’opérations jihadiste, jusqu’au lancement de l’opération militaire française Serval en janvier 2013.

Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a tenu à souligner l’importance de ce moment malgré tout le travail qui reste à accomplir : « Nous avons bon espoir que cette cérémonie d’aujourd’hui nous amènera vers cet objectif que le président de la République du Mali a assigné à cette action de la communauté internationale et nous sommes conscients que les responsabilités qui échoient à la médiation seront assumées pleinement par tous les membres de la communauté internationale réunis au sein de ces deux structures, a-t-il déclaré. J’aurais un dernier mot pour les populations du Nord. Nous les appelons à se joindre massivement à ce sursaut collectif de la nation malienne et à ce sursaut collectif de la communauté internationale en leur disant simplement : mettez fin à l’effusion de sang, retrouvez-vous dans ce magnifique élan pour la construction de la République du Mali de demain. »

L’accord paraphé par la CMA, mais pas signé

Le texte avait été paraphé par le gouvernement malien et ses alliés le 1er mars à Alger, après huit mois d’intenses négociations. La CMA l’a paraphé jeudi, au bout de deux mois et demi de pressions et d’atermoiements, après avoir prévenu qu’elle ne viendrait pas le signer vendredi à Bamako. Mais, deux représentants de groupes de la CMA sont venus apposer leur signature au bas du document: Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun de la Coalition du peuple pour l’Azawad (CPA) et Younoussa Touré, de la Coordination des Mouvements et fronts patriotiques de résistance (CM-FPR2). Dans un communiqué diffusé dans l’après-midi, la CPA a annoncé avoir suspendu M. Ag Mohamedoun en raison de sa présence à la cérémonie de signature.

Au moment de la signature, preuve que la paix restait une perspective lointaine, sur le terrain, des affrontements opposaient des groupes pro-gouvernementaux aux rebelles près de Ménaka (nord-est), selon une source militaire au sein de la Minusma et la Coordination des mouvements de l’Azawad sans autre détail.

Hervé Ladsous, chargé des opérations de maintien de la Paix aux Nations unies a rappelé qu’il était impératif que l’ensemble des belligérants signataires ou pas de l’accord respectent les accords de cessez-le-feu et renoncent à la violence : « J’appelle toutes les parties à rétablir le cessez-le-feu immédiatement et à reprendre le dialogue pour le consolider, a-t-il insisté. Je regrette qu’une des parties au conflit, qui a paraphé l’accord [jeudi] à Alger, ne soit néanmoins pas présente aujourd’hui. Nous avons confiance dans le fait que les parties restantes se rallieront bientôt à cette paix afin que le Mali puisse renouer enfin avec la stabilité politique et le développement économique et social. Afin que ce premier pas nous mène à l’établissement d’une paix durable, il nous semble que quatre notions vont devoir gouverner les prochaines étapes : le dialogue doit continuer avec les groupes qui ne sont pas ici aujourd’hui, la possibilité qu’ils signent l’accord de paix à une date ultérieure doit rester ouverte et le fait que seules certaines des parties aient signé l’accord de paix aujourd’hui ne peut en aucun cas servir de prétexte à la reprise d’opérations militaires contre les non-signataires. »

La cérémonie a été maintenue contre vents et marées par Bamako et la médiation internationale conduite par l’Algérie malgré les violations répétées du cessez-le-feu depuis deux semaines

par rfi

Sénégal: Me Ibrahima Diawara: Hissène Habré n’assistera pas à son procès

Hissène Habré sera bientôt jugé. L’ancien président du Tchad comparaît le 20 juillet prochain devant le tribunal des Chambres africaines extraordinaires au Sénégal. Il devra répondre des accusations de « crimes contre l’humanité, torture et crimes de guerre » pendant l’exercice de son régime de 1982 à 1990. Maître Ibrahima Diawara, avocat de l’accusé, a cependant confirmé que son client n’assistera pas au procès.

http://www.rfi.fr/afrique/20150516-me-ibrahima-diawara-hissene-habre-assistera-pas-proces-tchad-senegal/#

 

Burundi: le président Pierre Nkurunziza s’adresse à la nation

Le chef de l’Etat Pierre Nkurunziza, arrivé à Bujumbura ce vendredi 15 mai, a réintégré le palais présidentiel, deux jours après l’échec du coup d’Etat qui visait à le destituer. Il s’est adressé à la nation dans la soirée dans un discours enregistré diffusé à la radio et à la télévision.

Le président Pierre Nkurunziza remercie les forces de sécurité et défense pour leur « efficacité » à « stopper » le putsch : « A l’occasion de ce jour mémorable, nous voulons remercier du fond du coeur les corps de défense et de sécurité pour l’efficacité et la rapidité dont ils ont fait preuve pour stopper le projet macabre de détruire les institutions démocratiquement élues ».

Et ce projet qui a provoqué des pertes immenses, dit Pierre Nkurunziza, aurait été préparé de longue date, « probablement depuis l’année passée, et même avant », renchérit-il.

Il fait aussi le lien entre les manifestants anti-troisième mandat et les putschistes : « Il est évident que les soulèvements en cours sont liés au groupe qui voulait renverser les institutions », référence à la tentative de putsch de Godefroid Niyombaré. Et ajoute Pierre Nkurunziza, ils seraient « liés au groupe qui a attaqué le Burundi dans la province de Cibitoke vers la fin de l’année passée en provenance de la RDC ».

Cette attaque fin décembre / début janvier d’un groupe armé officiellement encore non identifié par les autorités burundaises avait été violemment réprimée. C’est ce qu’avaient affirmé des organisations de défense des droits de l’homme.

Dans ce discours, Pierre Nkurunziza appelle une nouvelle fois à l’arrêt immédiat des manifestations qu’il qualifie toujours de « soulèvement ». « Que ceux qui ont des doléances à présenter passent par la voie du dialogue et de la concertation, et non par la voie de la violence », insiste le président burundais. « Consolidons la paix et la sécurité, demande Pierre Nkurunziza, ajoutant, allons aux élections dans la sérénité comme les pays de la région et la communauté internationale le recommandent ».

Le chef de l’Etat annonce également la réouverture des frontières du pays : « Nous annonçons à la population et la communauté internationale que toutes les frontières du pays sont ouvertes et sont sous bonne garde et que la vie est redevenue normale ».

Sénégal: Amsatou Sow Sidibé déplore les politiques de jeunesse des Etats africains

Amsatou-sow-sidibé-620x330« Une bonne politique de jeunesse par les Etats africains est la meilleure solution pour freiner l’expatriation clandestine ». C’est la conviction du ministre conseiller Amsatou Sow Sidibé, qui se prononçait lors d’un  forum sur ce phénomène social qui a causé des tragédies collectives chez les jeunes africains.

Le ministre conseiller, le Pr Amsatou Sow Sidibé, a invité les leaders des Etats africains à revoir leur politique de jeunesse. Selon elle, les gouvernants africains sont, en grande partie, responsables des départs massifs  qui ont entrainé des  drames.

Selon elle, ce sont les politiques africaines qui sont en cause. « Notre système éducatif, économique et notre politique d’emploi n’ont pas permis de solutionner le chômage… En Afrique, nous constatons qu’il y a échec dans à la prise en charge des jeunes », a regretté le Pr Sidibé.

Le forum sur l’émigration clandestine a été initié par le Réseau Dialogue, Sécurité Paix en Afrique. Des responsables politiques et coutumiers sont venus « dire non » à l’immigration clandestine. Selon, la Représentante de l’Organisation internationale pour l’Emigration (OIM) plus de 1750 migrants clandestins ont été recensés depuis le début de l’année.

Elle a déploré le silence des institutions sous-régionales et régionales africaines, en référence de la rencontre tenue par l’Union européenne, juste après le dernier chavirement d’une pirogue en mer Méditerranée. « Ça n’a pas été le cas pour les dirigeants des pays africains », s’est-elle désolée.

Cependant, a affirmé que cette responsabilité n’est pas exclusive aux Etats africains et que la communauté internationale est aussi concernée. « La mondialisation est aujourd’hui un échec. Elle ne traduit pas une solidarité agissante. Elle piétine ses propres règles d’organisation », a constaté Pr Amsatou Sidibé.

Mme Sow Sidibé a aussi interpellé les familles des émigrants, aussi responsables que les passeurs sur le sort de leurs enfants.  Des parents encouragent et financent même, pour certains, le départ de leurs progénitures vers l’Europe, dans des embarcations de fortunes.

Le phénomène a débuté dans les années 2000, avec des vagues de départs de jeunes africains par la mer. Il a recommencé récemment avec un corolaire de chavirements transformant la Méditerranée en cimetière ouvert pour beaucoup de candidats au voyage incertain.

Babacar  FALL

[En direct] Burundi: plusieurs chefs des mutins interpellés

Les militaires qui se sont mutinés contre le président Nkurunziza ont reconnu l’échec de leur tentative de coup d’Etat. Plusieurs responsables de la rébellion ont été arrêtés ce vendredi matin après que leur lieu de retraite ait été assiégé par les troupes loyalistes. Le général Niyombaré a déclaré sa reddition. La situation au Burundi est à nouveau ce vendredi très volatile.

Les heures sont données en temps universel

07h36 : Vital Nshimirimana, porte-parole du collectif anti-troisième mandat, appelle la population à la reprise des manifestations contre la décision du président Nkurunziza de se représenter aux élections. « Par principe, la société civile est contre les coups d’Etat, a-t-il déclaré à l’AFP, mais nous notons que les Burundais ont accueilli en grande liesse la tentative de coup d’Etat, ce qui montre que le peuple burundais a aujourd’hui besoin de changement.» Le mouvement de protestation, qui durait depuis le 26 avril, avait été interrompu par la tentative de coup d’Etat.

06h50 : La présidence burundaise annonce que le président Nkurunziza, de retour dans la capitale Bujumbura, devrait s’exprimer dans le courant de la journée.

06h47 : Le général Niyombaré n’a pas été pris par les forces pro-Nkurunziza, selon une source policière.

05h30 : Selon nos informations, les principaux responsables de la mutinerie ont été arrêtés. Au moins trois officiers ont été arrêtés : le numéro deux de la rébellion, le général Cyrille Ndayirukiye et deux commissaires.

05h15 : Le général Godefroid Niyombaré annonce la reddition des mutins. « Nous avons décidé de nous rendre. J’espère qu’ils ne vont pas nous tuer », déclare le général. Il n’a plus donné de nouvelles depuis l’annonce de sa reddition.

Le coup d’Etat en cours a donc échoué. Le numéro 2 des officiers mutins, le général Cyrille Ndayirukiye, a reconnu son échec hier. Des tirs ont été entendus tout au long de la soirée dans le quartier de Kibenga et encore ce vendredi matin. C’est là que ce groupe d’officiers mutins et leurs soldats sont retranchés, rapporte notre envoyée spéciale. Ils ont essayé de se rapprocher du lac Tanganyika pour probablement tenter de fuir vers le Congo.

Les mutins se sont heurtés « à une trop grande détermination militaire pour soutenir le système au pouvoir », a confié le général Ndayirukiye à RFI hier soir, échec confirmé dans la foulée par d’autres hauts gradés putschistes, au terme d’une journée d’affrontements autour de la Radio-télévision nationale burundaise (RTNB). Malgré deux approches menées par une centaine d’hommes appuyés de blindés, les putschistes ne sont jamais parvenus à prendre la RTNB, véritable enjeu du pouvoir.

Selon le porte-parole de la présidence, Willy Nyamitwe, les mutins arrêtés n’ont rien à craindre pour leur sécurité, mais « devront répondre pour leur comportement d’un autre temps ». Avant d’ajouter : « Le droit sera dit. »

Le général Godefroid Niyombaré, qui avait annoncé sur une radio privée la destitution du président Pierre Nkurunziza mercredi, ne s’est pas encore exprimé, mais sur notre antenne en début de soirée hier il parlait d’une tentative de coup au passé. Il serait retranché dans le sud de la capitale.

par RFI

Mali-portrait: Rokia Traoé, chanteuse Invitée à siéger au jury du Festival de Cannes

1161046_674_allpix-0039416-0046_1200x800Invitée à siéger au jury du Festival de Cannes, qui se tient du 13 au 24 mai, la chanteuse et musicienne malienne n’en finit pas de se battre pour faire avancer son continent, en gardant un pied en Occident.

« J’en ai assez du regard déformé porté par les médias sur l’Afrique. On ne parle que du passé colonial, de migrants clandestins, de guerres… Mais les tourments qui agitent l’Europe ne sont pas moins violents.Et pourquoi fermer les yeux sur les complicités occidentales dans le maintien au pouvoir de régimes corrompus ? Notre continent n’est pas moins riche, pas moins beau que les autres ! »

>> À lire aussi : Rokia Traoé, chanteuse militante

Cela fait à peine cinq minutes que Rokia Traoré a déboulé au KGB, un bar bruxellois tenu par un de ses amis, qui a ouvert spécialement pour l’entretien. Et pourtant elle s’est déjà lancée dans un monologue passionné sur sa terre d’origine, en prenant à peine le temps de s’asseoir sur une fesse dans l’un des moelleux fauteuils du bistrot.

Crâne rasé, sourcils froncés sur son regard noir, foulard vermillon autour du cou : la chanteuse-auteure-compositrice malienne semble un taureau rendu furieux par une banderille et cherchant une sortie dans l’arène. L’artiste sort rapidement un CD de son sac. On se dit qu’il s’agit sûrement de son dernier opus, Beautiful Africa.

C’est mal connaître cette altruiste forcenée : l’album s’intitule Coup fatal, ovni mêlant musiques baroque et congolaise*. « Voilà ce que j’écoute en ce moment. Ce genre d’expérimentation à cheval entre les cultures me passionne. Ce monde de croisements, de partages, ce n’est plus du futur, c’est une réalité, on y est. » Et d’ailleurs, ce n’est pas non plus un hasard si la rencontre se fait au KGB : le patron est un Camerounais qui a quitté récemment la Californie pour suivre sa compagne dans la capitale belge!

Le grand Mix

Métissage : tout le credo de Rokia est là, ou presque. C’est d’ailleurs cette subtile alchimie entre tradition africaine et musique occidentale qui l’a elle-même propulsée sur le devant de la scène.

Fille de diplomate, elle a vécu une enfance nomade, partagée entre l’Arabie saoudite, l’Algérie et la Belgique. Elle dit avoir longtemps souffert de n’être ni assez européenne ni assez africaine, et ce n’est sans doute pas un hasard si la jeune fille en quête d’identité a commencé par étudier l’anthropologie.

Ce handicap est devenu une chance le jour où elle s’est amusée avec la discothèque parentale où Léo Ferré côtoyait Manu Dibango et les compositeurs classiques. En mêlant subtilement les ingrédients dans ses éprouvettes, instruments traditionnels d’Afrique de l’Ouest comme le ngoni, la calebasse ou le gros balafon et sonorités blues ou rock, l’artiste a changé ses influences en disque d’or (l’album Bowmboï, sorti en 2003, a été vendu à plus de 100 000 exemplaires).

>> À lire aussi : La voix de l’équilibre

Victoire de la musique en 2009 pour son CD Tchamantché, grand prix Sacem des musiques du monde en 2014 pour son dernier opus… Elle aimante les récompenses. Et si son aura est particulière en France, elle multiplie les collaborations un peu partout sur le globe. Fin 2010, elle composait ainsi la musique de la pièce Desdemona, à la demande du metteur en scène américain Peter Sellars.

Sans compter les innombrables tournées principalement en Amérique du Nord, en Europe et en Afrique, de cette polyglotte qui maîtrise le français, l’anglais, l’allemand et le bambara. Notre magazine l’élisait parmi les 50 Africaines les plus influentes, fin 2014, avant même de savoir qu’elle serait choisie quelques mois plus tard pour figurer aux côtés de Xavier Dolan, Guillermo del Toro et Sophie Marceau parmi les membres du jury du 68e Festival de Cannes, présidé par Joel et Ethan Coen.

>> À lire aussi : Festival de Cannes 2015: l’Afrique ne figurera pas au palmarès

A-t-elle été surprise par cette nomination ? « Un peu », reconnaît-elle. Car même si elle a composé pour le cinéma (elle apparaît notamment dans la bande originale du film d’animation Kirikou et les bêtes sauvages), elle dit ne pas avoir beaucoup de contacts dans le petit monde du septième art.

Reste que l’artiste multidisciplinaire est une vraie cinéphile. Parmi ses derniers coups de coeur, Le Président, du cinéaste camerounais Jean-Pierre Bekolo, qui imagine Paul Biya quittant le pouvoir : un film polémique sorti en 2013 mais assez peu diffusé depuis. « Du cinéma militant mais bien fait », tranche le membre du jury.

Elle cite Souleymane Cissé, « évidemment », parmi ses réalisateurs préférés. Et Abderrahmane Sissako, qui préside cette année le jury de la Cinéfondation ? La chanteuse se montre un peu plus réservée. « J’ai été fascinée dans Timbuktu par l’habileté du réalisateur à utiliser les moyens du bord, en travaillant avec des acteurs amateurs par exemple.

Il y a aussi une manière très fine, très simple, d’aborder des problèmes complexes, comme lorsque l’on assiste à un conflit entre un pêcheur et un Touareg : il montre qu’on ne peut résumer les tensions dans la région à des rivalités ethniques. » D’autres éléments dans le film l’ont moins convaincue, mais elle ne souhaite pas en parler…

La pasionaria veut rester positive. Cette année, le cinéma africain est le grand absent de la Croisette. Aucun long- ou court-métrage du continent n’est présenté en compétition. Et l’on pourrait penser que la Malienne est le cache-sexe d’une sélection qui boude l’Afrique.

Mais l’artiste, si elle avoue « vivre mal » cette éclipse, préfère encore une fois positiver : « C’est déjà bien que nous soyons présents de cette manière-là », avance-t-elle avant de s’inquiéter de l’état de l’industrie cinématographique sur son continent.

« Il y a de moins en moins de salles, d’infrastructures pour la production, et pas d’aides des États… Qu’il soit question de cinéma ou de musique, d’ailleurs, le problème est le même : nos dirigeants estiment qu’il s’agit là de divertissements et que ce n’est pas prioritaire lors de l’attribution des budgets. Ils refusent de nous concéder qu’investir dans la culture peut être rentable mais aussi bénéfique en matière d’éducation et d’intégration. »

Difficultés

Le manque de lieux de diffusion expliquerait selon elle l’absence d’éclosion de vedettes africaines reconnues par toute l’Afrique, comme Fela Kuti ou Miriam Makeba en leur temps. Et au moins en partie son propre manque de popularité sur le continent.

« Il n’y a pas de scène pour une musique expérimentale chez nous. Et les difficultés de transport nous condamnent à espacer les dates : quand je pars en tournée à partir du Mali, je peux au mieux réaliser trois concerts par semaine. » La chanteuse, qui tient à proposer des billets accessibles, confesse même avoir longtemps réalisé ces concerts africains à ses frais.

« Aujourd’hui, nous ne gagnons pas d’argent mais nous n’en perdons pas. » Elle qui se définit volontiers comme une râleuse veut surtout être « le petit grain de sel qui fait avancer les choses ». En 2009, elle a créé la Fondation Passerelle, dans laquelle elle avoue avoir investi presque tout ce qu’elle a gagné durant sa carrière musicale.

L’idée de départ ? Former de jeunes talents africains aux arts de la scène, leur fournir l’assistance dont elle aurait elle-même aimé bénéficier. Ces recrues l’accompagnent déjà régulièrement dans ses tournées, mais le projet doit bientôt prendre un nouvel essor.

D’ici à décembre, un studio et une salle de concert doivent voir le jour sur un terrain de 4 000 m2 qui borde sa demeure à Bamako. Pour que ce lieu sans équivalent au Mali voie le jour, les partenaires occidentaux de Rokia Traoré (Peter Sellars, le producteur John Parish ou le rockeur John Paul Jones) ont fait don de certains de leurs droits à la Fondation.

Le portable de la musicienne sonne. « Ma fille s’énerve, elle a 7 semaines, il faut la nourrir », s’excuse-t-elle dans un sourire. Entre une promo bruxelloise, un studio anglais, bientôt une scène de théâtre allemande et ses projets maliens, l’artiste semble s’être définitivement trouvée, jouissant de cet équilibre instable entre Afrique et Occident.

Avant de partir, elle demande à pouvoir relire ses citations. Une manière de s’assurer aussi que son discours positif sur l’Afrique ne soit pas trahi.

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