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MIMI TOURE A

Aminata Touré : «que les politiciens arrêtent de crier au complot à chaque fois qu’ils pillent nos deniers publics !»

Parlant de l’affaire de la Caisse d’avance de la mairie de Dakar qui a valu l’inculpation de Khalifa Sall et Cie, l’Envoyé spéciale du Président de la République, Aminata Touré, considère que le fait d’émettre 1,8 milliards de fausses factures de riz et de mil attribuée à l’insu d’un vendeur de café, est une infraction grave punie par le code pénal.

«Il est grand temps que les politiciens arrêtent de crier au complot politique à chaque fois qu’ils pillent nos deniers publics et violent les lois du pays !» Ancienne Premier ministre, Aminata Touré en a marre d’entendre parler de complot politique au sujet des dossiers judicaires qui touchent les personnalités politiques.

« 1,800 milliard de fausses factures de riz et de mil attribuées à son insu à un vendeur de café, ça n’a rien à voir avec la politique, c’est une infraction grave punie par le code pénal. Il en est d’ail- leurs de même pour la falsification de documents d’état-civil, délit pour lequel est poursuivi Abdoul Mbaye suite à la saisine du procureur par feue la présidente du Tribunal départemental de Dakar instruisant en son temps le dossier de divorce de l’ancien Premier ministre », a tranché l’Envoyée spéciale du Chef de l’Etat, hier, sur sa page Facebook.

« En France, le candidat de la droite, François Fillon est en passe d’être inculpé pour salaires présumés fictifs de son épouse et de ses enfants ; en Corée du Sud, la destitution de la présidente Park Geun-Hye pour faits de corruption vient d’être confirmée par la Cour constitutionnelle du pays ; l’an dernier, à la même époque, la présidente Dilma Rousseff du Brésil a perdu son poste pour complicité de financements politiques occultes.

Au Sénégal, depuis 2012, le Président Macky Sall a ouvert une nouvelle ère de reddition des comptes publics qui s’inscrit dans la culture devenue universelle de bonne gouvernance et de lutte contre l’impunité », campe la responsable ‘’apériste’’ pour qui, l’obligation de rendre compte s’impose désormais à tous les gestionnaires de derniers publics, compte non tenu de leur notoriété, de leur appartenance politique ou de leurs connexions influentes. « Le principe est valable pour ceux qui ont géré hier, pour ceux qui gèrent aujourd’hui et pour ceux qui géreront demain. Le privilège des titres et fonctions doit désormais s’accompagner de l’obligation de se soumettre au contrôle des instances administratives habilités afin de justifier de l’utilisation des deniers publics.

Dans le cas de l’affaire de la mairie de Dakar, le mis en cause, Khalifa Sall, pour ne pas le nommer, n’a pas su édifier les auditeurs de l’Inspection Générale d’Etat sur utilisation de 1,800 milliard et devant le juge il n’a pas non plus choisi de rembourser le montant de la somme incriminée. Aussi, conformément aux dispositions du code de procédure pénale, le juge l’a placé sous mandat de dépôt », explique Mimi Touré.

Avant d’enfoncer le clou : « Il faut savoir que selon les estimations du ministère de la Santé, un poste de santé complet avec équipements et logement de la sage- femme et de l’infirmier coûte 120 millions. Par conséquent, 1,800 milliards permettent de construire 15 postes de santé pour nos populations. Combien de vies peuvent être sauvées par 15 postes de santé ? Au-delà des cris d’orfraie des partisans de Khalifa Sall et affiliés de l’opposition, voilà concrètement ce que coûte la corruption au pays et aux populations. »

Source Libération

 

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